Des milliers de mètre cube de sédiments extraits du bassin de Port-en-Bessin

Le premier port de pêche en Normandie se refait une beauté. Le curage du bassin numéro 2 doit durer quatre semaines et doit permettre aux nombreux bateaux de manoeuvrer plus facilement.
"C'est Dame Nature qui dimensionne les fréquences." Le précédent curage a eu lieu en 2016. Quatre ans plus tard, les pelleteuses sont de retour à Port-en-Bessin. L'une d'elle, installée sur une barge, racle le fond du bassin numéro 2 du port pour en retirer les sédiments, lesquels sont déposés dans une autre barge. Une seconde pelle excavatrice les récupère ensuite pour charger des semi-remorques. Une douzaine assure une rotation sur un site de retraitement situé à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre.

Le chantier, débuté le 22 septembre dernier, est estimé à 1 225 000 euros et doit s'étaler sur quatre semaines sur ce port géré par le Département du Calvados. "On est parti pour retirer entre 6500 et 7000 m3 de sédiments", explique Christophe Mutrel, responsable de l'exploitation porturaire, "et on devrait avoir un tirant d'eau d'au minimum quatre mètres (ndlr : hauteur d'eau entre le fond du bassin et la coque), ça va permettre aux plus groses unités de manoeuvrer en toute sécurité et facilement sur le port : c'est l'objectif principal."

Premier port de pêche de Normandie en tonnage (Port-en-Bassin est associé à Grandcamp-Maisy) et septième criée de France (en valeur), le port du Calvados compte une quarantaine de bateaux stationnés. Premier port de pêche français à la coquille, il en accueille une quarantaine d'autres quand la saison démarre en Baie de Seine. Le trafic relatif à la pêche y est donc important. Qui n'est pas la seule activité du port.

"C'est vital pour nous"

Tout au fond, où sont installés les chantiers navals, le chantier de curage est suivi de très près. Et attendu de pied ferme. "C'est vital pour nous pour continuer à travailler, à sortir les bateaux, surtout les hauturiers de chez nous pour lequel il faut beaucoup de coefficient", explique Cyril Fossey, responsable de l'aire de réparation navale. Pour l'heure, les entreprises sont extrêmement tributaires des marées, notamment pour utiliser l'ascenceur à bateau qui nécessite de forts coefficients. "On va récupérer 80 centimètres", indique Cyril Fossey, "Or, dix centimètres, c'est déjà énorme pour nous. Là, on va être reparti pour trois ans avant de faire face à des complications similaires à celles d'aujourd'hui."

Et dans trois ans, il faudra probablement recommencer, les marées ne cessant jamais de charrier des sédiments dans les bassins du port. Néanmoins, cette tâche, digne de Sisyphe, pourrait évoluer dans l'avenir. Aujourd'hui, les boues doivent être envoyées dans un centre de traitement. Métaux lourds, hydrocarbures, "on récupère tout un tas de déchets qui ne sont pas forcément bons ou naturels pour claper en mer (ndlr : rejeter en mer) au vu des analyses", déclare Christophe Mutrel. "Après, avec les bonnes pratiques qui sont en train de s'ancrer, que ce soit les activités des pêcheurs ou les carènes, on aura de moins en moins de retraitement et de plus en plus de clapage au large."

Reste, au préalable, à solder l'héritage. "On a 40 ou 50 ans où on n'a pas été totalement précautionneux", rappelle le responsable de l'exploitation porturaire
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