"Nous sommes les grands oubliés" : les infirmiers libéraux en opération escargot à Caen pour se faire entendre

Le collectif Infirmiers libéraux en colère du Calvados organise un rassemblement et une opération escargot à Caen (Calvados) ce mardi 19 mars. Ils réclament une reconnaissance de la pénibilité de leur métier et une revalorisation du prix de l'acte médical.

Une mobilisation des infirmiers et des infirmières libéraux est organisée ce mardi 19 mars à partir de 13h30 devant le parc des expositions de Caen (Calvados). À l’instar du collectif national, ils réclament une meilleure reconnaissance de leur métier et des revalorisations tarifaires. 

"Nous sommes les grands oubliés. Depuis le Covid-19, nous avons été les seuls professionnels de santé à continuer de se déplacer tous les jours et nous n'avons jamais obtenu de revalorisation de nos actes de base", explique Nathalie Thoraval, infirmière libérale depuis 31 ans.

Une opération escargot aura également lieu au niveau de la Mairie de Caen et au niveau du rond-point du CHU dans le courant de l'après-midi : "On n'a pas beaucoup d'espoir, c'est pour ça qu'on va faire du bruit".

Revalorisation du prix des actes et des indemnités

Les actes médicaux infirmiers (AMI) de base – actuellement au tarif de 3,15 € en métropole – n'ont pas été revalorisés depuis 2009, à la différence de soins spécifiques comme l’acte d’injection de vaccin. Les infirmiers et infirmières libéraux réclament ainsi sa revalorisation à 3,51 €.

"Sur nos tarifs de soin, il faut bien retirer 50% pour payer les charges. L'inflation touche tout le monde et ça commence à peser lourd", ajoute Nathalie Thoraval. À ces frais s'ajoute celui du prix du carburant, à la hausse depuis plusieurs mois.

Nous passons 90% de nos journées dans la voiture pour réaliser les tournées et se rendre au domicile des patients. Le budget carburant est très important pour moi.

Nathalie Thoraval, infirmière libérale

Ainsi, le collectif des infirmiers libéraux en colère demande également une nouvelle hausse de l'indemnité de déplacement – revalorisé à 2,75 € par déplacement en 2023 –, mais jugé "insuffisante".

Une reconnaissance de la pénibilité

Leur dernière revendication porte sur l'âge du départ à la retraite, pour l'heure fixé à 67 ans pour bénéficier de la retraite à taux plein : "Nous demandons la reconnaissance de la pénibilité car les infirmiers et infirmières libéraux ont une charge physique et mentale importante, avec une disponibilité 7 jours sur 7 et 365 jours par an".

Nous avons toujours répondu présents mais personne n'est là pour nous écouter et nous sommes fatigués.

Nathalie Thoraval, infirmière libérale

À ce titre, le collectif prévoit de distribuer des tracts pour sensibiliser la population sur l'existence, à terme "d'un désert d'infirmiers", faute de considération des services de l'Etat. Un comité sera reçu à la CPAM du Calvados à 16h pour aborder le mal-être des infirmiers libéraux et les difficultés qu'ils rencontrent au quotidien.