Et si les villes normandes s'inspiraient du modèle danois ?

© S. Simonnet
© S. Simonnet

Une délégation du Calvados s'est rendue le mois dernier à Copenhague. Un voyage d'étude pour mieux imaginer une ville intelligente, numérique, durable et innovante, sur le modèle danois. 

Par Aurélie Misery

Saviez-vous que la première rue piétonne en Europe a été créée à Copenhague ? Il s'agit de la Strøget, une artère commerçante. 

"Le Danemark a toujours été un pays précurseur en matière d'aménagement urbain", explique Nicolas Escach, Directeur de Sciences-po à Caen, et responsable du Master des stratégies innovantes des territoires urbains, et par ailleurs auteur du livre "Les Danois" chez Ateliers Henry Dougier. 

Pas étonnant donc que le Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement du Calvados (CAUE 14) ait organisé au mois de septembre dernier un voyage d'étude pour découvrir la capitale danoise. "Le but était de proposer aux élus du Calvados une autre vision, d’observer des manières innovantes de « faire la ville ». Mais aussi de découvrir une autre culture urbaine de ville verte intelligente.

A la découverte de la "smart city", la ville intelligente 

Selon le CAUE du Calvados, la Smart-City est un concept de développement urbain. "Il permet d’améliorer la qualité de vie des habitants en rendant la ville plus adaptive, adaptée et efficace grâce à de nouvelles technologies." Ces dernières sont axées sur les objets et les services, mais aussi sur les infrastructures publiques, l’énergie propre, le mobilier connecté, les réseaux et transports ainsi que sur les e-services et e-administrations. Elle est en quelque sorte une « ville intelligente ».

La délégation venue du Calvados, composée d'élus, d'urbanistes, de géomètres, de techniciens, a été guidée sur place par deux françaises spécialistes de la ville, notamment l'urbaniste Clotilde Imbert, spécialisée dans le développement durable. 

Après une présentation de Copenhague, la délégation a pu découvrir les nouveaux quartiers de cette ville de 780 000 habitants. Certains bâtiments dénotent par leur modernité "écologique", comme cette école bleue, parée de panneaux photovoltaïques orientée de façon à multiplier les effets de lumière, et dotée d'une serre pédagogique sur le toit. 
 
Une école de Copenhague avec ses panneaux photovoltaïques / © S. Simonnet
Une école de Copenhague avec ses panneaux photovoltaïques / © S. Simonnet

La délégation s'est également rendue au « BLOX », un bâtiment de 28 000 m2 architecturalement composé de blocs superposés les uns sur les autres, situé sur les anciens docks. C’est un édifice multifonction (espaces d’expositions, boutiques, restaurants, cafés, salle de sport, logements …) où on retrouve notamment une plateforme d’environ 7 000 m2, le « BLOX HUB », accueillant 150 entreprises et start-up travaillant sur des projets liés à l’architecture, au design, à l’urbanisme et à l’innovation urbaine.


En quoi le modèle danois de « smart city » est-il exemplaire ?

A Copenhague, beaucoup d’entreprises et start-up travaillent ensemble afin de développer de nouvelles pratiques pour la ville grâce à la collecte de données numériques publiques, l’Open-Data. Des poubelles connectées ont ainsi été développées afin de réduire l’impact environnemental de la ville en permettant aux camions poubelles de savoir où et quand passer.

Ces technologies ont aussi permis de synchroniser les feux pour les pistes cyclables (environ 400km à Copenhague) afin de fluidifier le trafic aux heures de pointe et ainsi créer une « vague verte ». Rappelons que selon  cycling Embassy of Denmark, 90% des Danois possèdent un vélo et seulement 40% une voiture. 

Une source d'inspiration ? 

"Sans doute", confie Sophie Simmonet, maire-adjointe à la mairie de Caen en charge de la vie associative. "Nous avons par exemple la même problématique de la lumière. Les Danois pensent en amont leur espace public, avec par exemple, le passage des piétons au Sud, le passage des voitures au Nord.
 
Une voie de dépose rapide devant un établissement scolaire. / © S. Simonnet
Une voie de dépose rapide devant un établissement scolaire. / © S. Simonnet


L'élue note aussi l'audace des Danois. "Ils n'hésitent pas à favoriser la concertation avec les habitants et à faire des expériences, comme mettre un ring sur une aire publique. Nous devrions aussi faire plus confiance aux usagers et tenter des choses, en commençant sur des petits projets, ce qui est plus facile."

Le CAUE le confirme : à Copenhague, les habitants sont directement impliqués dans le processus de création de la ville de demain. En effet, la ville a mis en place le programme « Co-Create ». Elle y donne les grandes orientations afin d’atteindre les objectifs directement liés à la Smart-City, avec une vision pour 2025 : atteindre une meilleure qualité de vie dans une ville verte.

Sophie Simmonet verrait bien également des jardins intérieurs à la place de parkings dans les cours des immeubles de la reconstruction. Un idéal qu'il faut concilier forcément à l'attachement à sa place de parking. "Mais nous avons engagé un projet de réaménagement pour la rue d'Auge avec trois espaces bien identifiés pour les piétons, vélos et voitures. Ce sera très innovant."

Mais une transposition du modèle danois se heurte à des limites budgétaires mais aussi culturelles. "Ici à Caen, il ne faut pas oublier les piétons. 25% des habitants font leurs petits déplacements à pied.

 

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