Covid-19 : la Normandie est la région la plus "vaccinée" de France

Le ministère de la santé a communiqué ce lundi 11 janvier un bilan chiffré par région de la campagne de vaccination contre la covid-10. En nombre de personnes vaccinées et au regard de sa population, la Normandie est sur le podium. Mais la route est encore longue.

Le Dr Luc Thiberville, 64 ans, chef de service pneumologie au CHU de Rouen est l'un des premiers à recevoir le vaccin en Normandie.
Le Dr Luc Thiberville, 64 ans, chef de service pneumologie au CHU de Rouen est l'un des premiers à recevoir le vaccin en Normandie. © Olivier Flavien / France Télévisions

138 351. C'est le nombre de personnes vaccinées en France au 11 janvier 2021 contre la Covid-19. Ce lundi soir, la direction générale de la santé a communiqué pour la première fois un bilan chiffré ET détaillé de la campagne de vaccination lancée le 26 décembre dernier, une campagne qui a été l'objet de nombreuses critiques visant en premier lieu sa lenteur mais aussi son opacité en termes de communication.

Dans son communiqué, la direction générale de la santé indique le nombre de personnes vaccinées région par région. La Normandie figure en quatrième position avec 12 300 personnes. En tête, sans suprise, l'Île-de-France qui compte la population la plus importante du territoire français.

© Direction générale de la santé

Rapportée à sa population (bien moindre que celle de l'Île-de-France), la Normandie est au 11 janvier la région la plus "vaccinée" du territoire français avec 0,359% de ses habitants (contre 0,247% pour l'Île-deFrance ou 0,310% pour l'Occitanie) comme le rapporte le site de suivi statistique de l'épidémie Covidtracker.

Le 8 janvier dernier, l'Agence Régionale de Santé annonçait une "intensification" de cette campagne de vaccination dans les prochains jours. "Au cours des deux prochaines semaines, l’ensemble des EHPAD et USLD (unité de soins de longue durée) de la région sera progressivement livré en vaccins". 243 établissements doivent être approvisionnés cette semaine dans la région (les cinq départements sont concernés). 120 autres seront concernés la semaine suivante dans le Calvados et la Manche.

Opacité ou retard à l'allumage ?

La communication de la direction générale de la santé constitue une première depuis le lancement de la campgane de vaccination en France. Jusqu'à présent, seules certaines agences régionales de santé publiaient, ponctuellement, les données locales. Sollicitée par nos collègues de FranceInfo, Santé Publique France invoque une question de temps pour que le système système de suivi de vaccination Si-Vac, mis en place le 4 janvier dernier, soit pleinement opérationnel et affirme que ces données seront prochainement accessibles en open-data

Cette mise à disposition des données vaccinales en accès public et libre de droit, c'est l'autre revendication de la communauté scientifique qui suit cette épidémie.

Le site Covidtracker, géré bénévolement par Guillaume Rozier, expert en traitement de données, a lancé dès le 27 décembre dernier un outil de suivi de la campagne de vaccination française, Vaccintracker. Au départ, ce travail de recensement a été effectué à partir de la presse locale. Le ministère de la santé a ensuite communiqué au site Covidtracker les données dont il disposait. Un traitement de faveur qui ne satisfait pas le fondateur du site, partisan de l'Open-data. 

Lors lors d'une audition sur la stratégie vaccinale devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale ce mardi 12 janvier, le ministre de la santé Olivier Véran a annoncé que les chiffres de la vaccination seraient désormais communiqués quotidiennement.

Des bonnes nouvelles... et des moins bonnes

Un troisième vaccin pourrait prochainement entrer en service sur le continent européen. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé ce mardi 12 janvier qu'elle avait reçu une demande d'autorisation pour le vaccin AstraZeneca/Oxford. Elle indique qu'elle pourrait prendre sa décision le 29 janvier. La Grande-Bretagne, confrontée actuellement à une flambée de l'épidémie, a donné fin décembre son feu vert à l'utilisation de ce vaccin conçu outre-Manche.

Plus facile à conserver et moins cher que celui de Pfizer BioNTech, il semble aussi moins performant : ses concepteurs évoquait en novembre dernier une efficacité moyenne de 70% contre 90% pour ses concurrents déjà en service en Europe.  Ce mardi, l'agence européenne des médicaments a indiqué qu'elle pourrait rendre sa décision le 29 janvier, après un examen accéléré, si les données communiquées sont suffisamment "robustes et complètes".

Pas d'immunité collective en 2021

Lundi soir, l'Organisation Mondiale de la Santé a tenu à sérieusement tempérer l'optimisme généré par le lancement des campagnes de vaccination  dans plusieurs pays. L'OMS a ainsi averti que masques, distanciation sociale et lavages des mains seraient encore le quotidien de l'humanité "au moins jusqu'à la fin de cette année". Pour Soumya Swaminathan, responsable scientifique de l'organisation, "nous n'allons pas atteindre (...) l'immunité collective en 2021". Le déploiement des vaccins, quand il s'agit de milliards de doses, "prend du temps", a-t-elle expliqué, exhortant à "faire preuve d'un peu de patience". Un point de vue partagé par le directeur de la Santé de La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), Emanuele Capobianco, qui a mis en garde contre un "potentiel faux sentiment de sécurité dû au déploiement des vaccins".

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