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Dame Blanche : le centre de sauvegarde des animaux sauvages de Normandie en état d'urgence vitale

Image d'illustration / © PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/MAXPPP
Image d'illustration / © PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/MAXPPP

Le centre qui s'occupe d'animaux sauvages en Normandie menace de fermer. Pourtant, l'association de la Dame Blanche prend en charge plus d'un millier d'animaux par an. Sa fermeture aurait des conséquences désastreuses sur la faune régionale. Son fondateur lance un appel au secours.
 

Par Anaïs Lebranchu

Même le fondateur et directeur ne sait pas si le centre situé entre Lisieux et Orbec (Calvados) survivra. "Nous sommes dans l'attente" explique Gérard Bertran plein d'inquiétude. Depuis plus d'un an, le centre associatif qu'il a créé en 1986, peine à sortir la tête de l'eau. Et pour cause, le passionné de faune sauvage a connu des périodes difficiles.

"Mon fils aurait voulu que je continue le combat"

Entre 2017 et 2018, il a dû effectuer une mise aux normes de son infrastructure à hauteur de 25 000€... soit un quart de son budget annuel. Un premier coup dur pour le normand.
 
Le fondateur de la dame blanche a tout donné depuis 1986 / © JYGélébart
Le fondateur de la dame blanche a tout donné depuis 1986 / © JYGélébart

Le 1er novembre dernier, il prend sa retraite. Quelques semaines plus tard, son fils Guillaume, qui devait reprendre la direction du centre, décède brutalement. La voix tremblante, le père endeuillé explique : "J'ai passé plusieurs mois difficiles, ça a été très dur de se motiver pour faire face à nos problèmes financiers". Mais Gérard Bertran trouve la force de se battre : "Il aurait voulu que je continue le combat".

Son inquiétude principale concerne la prochaine période hivernale. L'homme ne sait pas si son centre passera 2019. "C'est le parc animalier qui nous finance grâce aux visites" explique-t-il, "malheureusement, il ferme après la toussaint et ne réouvre qu'à la mi-mars". Le sexagénaire peut compter sur l'appui de sa famille qui a créé une association de soutien en l'honneur de Guillaume, son fils. Le but : récolter un maximum de fonds pour les reverser à la Dame Blanche. Pour l'instant, le montant s'élève à 7000€, une belle somme mais loin des 50 000€ qu'il faudrait au centre pour survivre. Une deuxième cagotte en ligne a vu le jour sous l'impulsion de sa belle-soeur, Miriam. Elle est parvenue à rassembler un total de 1095€ en moins d'un mois.

Vincent Chatelain était allé à la rencontre de Gérard Bertran en avril dernier. Un échange à visionner ci-dessous.

Mobiliser les élus pour sauver le centre de la Dame Blanche

Même s'il est très reconnaissant de la mobilisation citoyenne, Gérard Bertran sait qu'il sera difficile d'atteindre son objectif sans l'aide du service public. "Selon moi, ce serait normal d'obtenir l'appui du Conseil Régional" et de poursuivre "c'est logique, nous travaillons au service de la région". Un raisonnement qui aboutit à une rencontre le 24 juin dernier, de quoi rassurer le directeur du centre : "Ils se disent conscients de la gravité de la situation et je pense qu'ils vont essayer de nous aider". Pourtant, le Conseil Régional de Normandie, présidé par Hervé Morin, ne possède pas de fonds propre à la prise en charge des animaux sauvages.
 



VIDEO France3 Normandie - le quotidien du Centre quand un oiseau arrive blessé ou affaibli :

 

Le quotidien de Dame Blanche

Reportage Jean-Yves Gélébart- Claude Leloche


Une rencontre de la dernière chance

Le centre organise une fête le 21 juillet prochain, à la mémoire de Guillaume Bertran. Le rendez-vous de la dernière chance pour Gérard Bertran, celui qui travaille 7 jours sur 7 pour l'association, et qui n''a pas hésité à envoyer des invitations aux élus normands, même aux sénateurs. 

Si chaque commune normande nous donne 70€, cela nous sortirait de tout problème.

Les problèmes financiers n'inquiètent pas que le directeur puisque l'association salarie deux personnes. La fermeture du centre entrainerait leur licenciement. Autre problème : Gérard Bertran, officiellement à la retraite, devrait céder sa place à un nouvel employé qui prendrait la direction du centre. Un souhait difficile à réaliser alors que l'association peine à verser les salaires déjà existants.

Des conséquences dramatiques pour les animaux

La suppression des emplois ne serait pas la seule conséquence directe de cette fermeture. Le centre de sauvegarde de la faune sauvage prend en charge des centaines d'animaux, même au-delà des frontières normandes. Une conséquence qui préoccupe Gérard Bertran.

Si le centre de soin ferme, les 1200 animaux que l'on soigne chaque année vont mourir ou être récupérés par des personnes non-qualifiées.

Le travail réalisé par le centre est conséquent, particulièrement en été en raison de la période de reproduction et des pic de chaleur. "L'infirmerie est submergée" explique Gérard Bertran désabusé. "Rien que le week-end dernier, nous avons accueilli 70 bêtes". Grâce à l'aide d'une trentaine de bénévoles, il accueille toutes les espèces sauvages européennes "du petit passereau au grand rapace et du petit hérisson au grand cervidé". Une prise en charge en péril, bien qu'indispensable.

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