Déconfinement: les casinos pris d'assaut par une clientèle impatiente

On a beaucoup parlé des terrasses et des cinémas mais il y a aussi les casinos, en Normandie ! Incroyable de découvrir la fidèle clientèle qui trépigne à la porte pour la réouverture. "Je suis là pour gagner!", nous assure une retraitée qui n'attendait que ça !

Ce 19 mai, dans le respect des jauges imposées, le casino de Bagnoles-de-l'Orne affichait presque complet dès le matin !
Ce 19 mai, dans le respect des jauges imposées, le casino de Bagnoles-de-l'Orne affichait presque complet dès le matin ! © France Télévisions

Pour respecter les jauges à 30% des capacités, seules les machines à sous et les jeux électroniques seront accessibles à compter de ce mercredi 19 mai dans les casinos de Normandie. Pour les jeux de tables, il faudra attendre le 9 juin. Mais qu'importe les fidèles sont là.

Du monde dès 9 heures du matin

"ça nous manquait", assure cette clientèle de fidèles privés de jeux depuis janvier.
"ça nous manquait", assure cette clientèle de fidèles privés de jeux depuis janvier. © France Télévisions

Dès l'ouverture, à 9 heures du matin, une dizaine de personne faisait déjà la queue devant les portes du Casino de Bagnoles de l'Orne : des curistes et des fidèles qui n'attendaient que ça. La petite station spécialisée dans les cures thermales a ses habitués et son casino fermé, c'était comme une ville sans âme. 

Parmi les joueurs, il y a quelques plus jeunes mais beaucoup sont retraités. On a comme l'impression également de voir essentiellement des femmes dans cette clientèle. "Je suis là pour gagner. Je suis une gagnante. Je veux ma machine et d'être la première à entrer m'assure d'être la première sur MA machine!", nous confie l'une d'entre-elle impatiente de voir les grilles se lever. Une exclamation générale, un "haaaaaa!" de soulagement, accompagnera d'ailleurs les premiers grincements du rideau de fer, à l'ouverture, à 9 heures pile.

Les six salariés du casino de Bagnoles-de-l'Orne applaudissent en retour leurs clients dans les locaux.
Une haie d'honneur que l'on a retrouvé dans beaucoup d'établissements en Normandie.

Les casinos sont encore un lieu de vie et de lien social important. Internet peut accueillir des jeux en ligne, les casinos ont encore leur mot à dire. La preuve après six mois de fermeture.

Emmanuel Boisgontier, directeur du casino de Bagnoles (Orne)

Depuis le début de la crise sanitaire les casinos ont enregistré une perte vertigineuse. Une baisse de chiffres d'affaire qui impacte aussi les finances des communes. La perte peut se chiffrer en millions d'euros pour Deauville, par exemple.

Au total, depuis le premier confinement, les casinos seront restés fermés 9 mois sur 14 : du jamais vu.

Vers une hausse des impôts locaux pour les communes impactées?

En Normandie, l'exemple d'Ouistreham peut faire trembler. 

Après le premier confinement, la municipalité de Ouistreham annonçait son intention d'augmenter la taxe foncière d'environs 30%, soit une augmentation moyenne de 240 euros par foyer et par an. Le maire, Romain Bail (LR), justifiait notamment cette mesure par la perte d'activité du casino qui participe à hauteur de 15% au budget de la ville. Un an plus tard, le maire souhaite, cette fois, augmenter de 70% la part communale de la taxe foncière sur le bâti (une taxe qui comprend également une part dévolue à l'intercommunalité et une autre au Département). "Le taux qui est proposé représente une augmentation de 420 euros en moyenne par habitant et on connait des cas qui vont jusqu'à 1100 euros", selon Raphael Chauvois , le porte-parole du groupe d'opposition.

En effet, en plus des pertes enregistrées avec la fermeture des casinos, les communes balnéaires voient d'autres recettes chuter comme "les droits de terrasse"payés par les bars et restaurants. L'Etat a toutefois prevu d'aligner des dotations sur ces pertes sèches : "Le calcul définitif de la dotation sera effectué avant le 31 mai 2021 et tiendra compte de la perte de recette fiscale réelle de chaque commune accueillant un casino", explique la gazette des communes dans sa dernière édition. Une compensation prévue par la loi du 30 juillet 2020. 

 

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