Une décharge illégale à Saint-Aubin-sur-Quillebeuf dans l'Eure

Des entreprises viendraient déverser leurs déchets du haut de la falaise pour éviter de passer par la case déchetterie et de payer plus cher. Une décharge qui existe depuis au moins 20 ans et dont personne ne s'est jamais préoccupé jusqu'au mois de janvier dernier.
 
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Des bâches plastiques, agricoles, des tuyaux en PVC, des palettes… C'est d'une vraie décharge à ciel ouvert en plein cœur d'un parc naturel dont il s’agit. Sur les falaises, à quelques mètres de la Seine, des déchets s'accumulent depuis au moins vingt ans. Mais c'est il y a un mois seulement que l'alerte est donnée. Des passants avertissent l'association Robin des Bois.

" On est venus en janvier pour constater cette grosse décharge sauvage. On a écrit à toutes les autorités, notamment au maire. La réaction de la part des propriétaires a été d’essayer de recouvrir les déchets avec de la terre plus ou moins propre pour essayer de cacher le massif…", explique Charlotte Nithart, porte-parole de l'association Robin des Bois.
 

Une décharge à ciel ouvert mise au jour à Saint-Aubin-sur-Quillebeuf


Des conséquences sur la santé

Sur des terrains appartenant à des particuliers, une montagne de débris, dont une partie est désormais recouverte de terre. L'association soupçonne des entreprises de payer les propriétaires pour déposer leurs déchets et s'inquiète des conséquences d'une telle décharge.

Sur la santé : les brûlages à l'air libre qui ont eu lieu pendant 20 ans...

"C’est aussi une éventuelle contamination des eaux souterraines et donc une contamination de potagers qu’il peut y avoir dans le voisinage. Mais aussi  une contribution à l’insalubrité des eaux de la Seine qui est juste en-dessous…", indique Charlotte Nithart, porte-parole de l'association Robin des Bois.

 
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Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande, en charge de la préservation du lieu, n'a pas réagi. Le maire de la commune affirme les avoir sollicités le mois dernier, ainsi que la gendarmerie, sans réaction. Il y a quelques jours, sous la pression de l'association Robin des Bois, la ville a envoyé un courrier aux propriétaires des terrains concernés : une mise en demeure de nettoyer rapidement le bord de Seine qualifié de "décharge sauvage ".

En haut des falaises polluées, de là où les déchets sont jetés, une propriétaire affirme que tout a été déposé à son insu. Des voisins en face ont eux remarqué un va-et-vient de camions et décrivent des brûlages réguliers de déchets (plastique, pneus, cuivre...), occasionnant des nuisances olfactives notamment.

 
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Une enquête de la DREAL


La DREAL, service de l'Etat en charge de l'environnement, doit se rendre sur place pour enquêter et prendre d'éventuelles sanctions.

" La DREAL pourra prononcer bien évidemment immédiatement la suspension de l'activité de cette décharge illégale, mais aussi demander la remise en état du site aux frais exclusifs des propriétaires de ces terrains ", déclare Fabien Martorana, le sous-Préfet de Bernay.

Le Parquet a ouvert une enquête et l'association Robin des Bois va porter plainte. Les peines peuvent aller jusqu'à deux ans de prison et 75 000€ d'amende.
 
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