"3,5 litres sur 10 gaspillés" : cette agglomération est championne de France des fuites d'eau

Dans une campagne contre le gaspillage d'eau potable intitulée #LaFuiteEnAvant, l'UFC-Que Choisir épingle Evreux. Plus d'un tiers de l'eau distribuée dans l'agglomération de la préfecture de l'Eure serait perdu par des fuites dans les canalisations.

Évreux (Eure) est l'agglomération où le taux de fuites d'eau est le plus important en France. L'association UFC-Que Choisir révèle ce mardi 27 juin que 35,5% de l'eau distribuée dans ce secteur est perdue avant même d'atteindre le robinet des usagers. Le taux est d'autant plus élevé que le Grenelle de l'Environnement de 2012 fixe à 15% maximum les fuites autorisées par agglomération.

La fragilité et la vétusté des canalisations sont en cause. En 2019, les Assises de l'eau avaient fixé l'objectif de renouveler 1 % du réseau national par an, mais en réalité, seulement 0,67 % est renouvelé chaque année en moyenne. "Évreux est la lanterne rouge avec 0,2 % de renouvellement de son réseau", souligne le communiqué d'UFC-Que Choisir.

Depuis 2016, année où l'aide apportée par l'Etat a été supprimée, les communes sont entièrement responsables de l'entretien de réseaux.

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Dans la 5e agglomération la plus peuplée de Normandie, la problématique est bien connue. D'ailleurs un immense chantier de réhabilitation du réseau de canalisations a été lancé il y a plusieurs années déjà. En 2018, les études menées estimaient la perte d'eau quotidienne à 5 000 m3, l'équivalent de deux piscines olympiques par jour.

1 milliard de m3 d'eau perdu par an en France

Selon l'association de consommateurs, un litre d'eau sur cinq distribué en France est perdu en raison des fuites de réseau, ce qui représente 1 milliard de m3 par an, équivalent à la consommation annuelle de 18,5 millions d'habitants.

"L’eau devant être plus que jamais économisée dans un contexte de réchauffement climatique, le Mouvement demande aux pouvoirs publics de mettre en œuvre un véritable plan de rénovation des réseaux et de le financer grâce à un rééquilibrage des redevances payées par les acteurs professionnels, au premier rang desquels l’agriculture intensive", lance l'association dans sa campagne intitulée #LaFuiteEnAvant.

UFC-Que Choisir pointe notamment l'agriculture intensive qui ne contribuerait qu'entre 2 et 15 % des redevances sur l'eau alors qu'elle représente 48 % de la consommation nette en eau, des fonds qui pourraient être utilisés pour la rénovation du réseau.