Dimanche en politique. Réchauffement climatique : Pourrait-on manquer d’eau potable en Normandie ?

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Dimanche en politique. Réchauffement climatique : Pourrait-on manquer d’eau potable en Normandie ? ©France 3 Normandie

La situation est inquiétante pour un mois d’avril, les nappes phréatiques de la région sont à un niveau exceptionnellement bas pour ce début de printemps. Les pluies de cet hiver n’ont pas permis de recharger les bassins. La pénurie d’eau potable est prise très au sérieux par les spécialistes.

 Franck Besnier ouvre le débat dans ce nouveau numéro de Dimanche en Politique, ce dimanche à 11h30 sur France 3 Normandie.

Un hiver sec et des nappes en souffrance

Si les pluies de Mars et d’avril ont été conformes à la normale, le mois de février a été exceptionnellement sec. Il faut même remonter à 1 959 pour voir une situation identique avec un déficit de pluviométrie de l’ordre de 15 à 35% par rapport à la normale.

Pour le climatologue François Beauvais, les indicateurs sont au rouge, 75% des nappes phréatiques sont en dessous de leur niveau habituel, même s'il reconnaît qu’il est encore un peu tôt pour prédire une nouvelle sécheresse cet été : 

Pour le mois de février, par exemple, si on prend le cas de la station de Caen, on est à 7 mm de précipitation, donc c’est un déficit pluviométrique de – 85% par rapport à la normale. Au cours de ces dernières années, chaque année, on va battre un record. En 2022, un record de sécheresse des sols, battu chaque jour, de mi-juillet à mi-août, les records de température. Et puis là, on commence l’année avec ce déficit pluviométrique au cours de l’hiver. On peut être amené encore au cours de l’année à battre d’autres records.

François Beauvais,

géographe, climatologue

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Intervention de François Beauvais, géographe climatologue dans l'émission Dimanche en politique sur le réchauffement climatique ©France 3 Normandie

Consommation d’eau : les recommandations avant les restrictions  ?

Dans la région, 4 des 5 départements normands (la Seine-Maritime, l’Eure, le Calvados et l’Orne) ont déjà été placés en vigilance sécheresse. Il n'y a pas de restriction pour l’instant, mais des recommandations à ne pas gaspiller l’eau potable :

 

L’an dernier, on a frôlé la catastrophe, reconnaît Christophe de Ballore, le président (LR) du conseil départemental de l’Orne avec des châteaux d’eau qui étaient quasiment à sec, pour éviter de se retrouver dans la même situation, il appelle à la responsabilité de tous en faisant preuve de Sobriété vis-à-vis de sa consommation d’eau potable et souhaite engager un véritable plan de bataille pour améliorer les réseaux d'approvisionnement :

Notre rôle, c'est de lutter au quotidien contre les réseaux fuyards. C’est impressionnant, les réseaux fuyards, c’est à peu près 20% de pertes, mais dans certaines collectivités, c’est beaucoup plus. Il faut que les collectivités s’engagent dans une rénovation de leurs canalisations d’eau. Dans le département de l’Orne, nous avons calculé au Conseil Départemental, à la vitesse où des collectivités, aujourd’hui, renouvellent leurs canalisations d’eau, il faudrait à peu près 200 ans pour renouveler. Hors, une canalisation d’eau, c’est 60/70 ans pour être correct et ensuite, elles se dégradent. Et on a des pertes importantes. Donc, nous, nous souhaitons accompagner les collectivités pour améliorer leurs réseaux d’eau.

Christophe De Balorre,

Président du Conseil Départemental de l’Orne

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Intervention de Christophe De Balorre, Président du Conseil Départemental de l’Orne dans l'émission Dimanche en politique sur le réchauffement climatique ©France 3 Normandie

 

Quelles solutions : les récupérateurs d’eau de pluie et le recyclage des eaux usées

Aujourd’hui, seulement 1% des eaux grises (produites par les activités domestiques) sont recyclées en France. Le 30 mars dernier, en présentant son plan eau, Emmanuel Macron a annoncé l’objectif de passer ce chiffre à 10% en 2030, une solution qui vise à retraiter ces eaux dites sales pour leur donner une nouvelle utilisation comme l’irrigation ou le nettoyage de la voirie.

Autre solution, l’installation de récupérateurs d’eau de pluie qui permettent d’arroser le jardin, ou même de faire tourner le lave-linge et la chasse d’eau des toilettes. Les aides financières pour ce genre d'équipements sont limitées, elles dépendent d'initiatives locales à l'image de la ville de Bayeux qui propose de payer 50% de la facture de votre récupérateur dans un plafond de 100 euros.

Je pense qu'il faut accompagne tous les systèmes qui peuvent être vertueux de ce point de vue là. Le premier sujet, c'est de garantir les usages qui sont essentiels et vitaux. Le deuxième sujet, c'est de travailler à économiser la ressource, ça veut dire faire un effort sur les consommations, mais pour tous, que ce soit les particuliers, ou toutes les activités économiques qui ont un long chemin à faire pour économiser la ressource. À l'échelle de l'habitat, qui soit collectif ou individuel, les systèmes de récupération non conventionnels peuvent être tout à fait pertinents.

Rudy L’Orphelin,

conseiller régional EELV

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Intervention de Rudy L’Orphelin, conseiller régional EELV dans Dimanche en politique sur le réchauffement climatique ©France 3 Normandie

Ce couple de retraités de la Chapelle-près-Sées dans l’Orne a investi 4 000 euros dans 4 récupérateurs de 1 000 litres. Ils n’ont touché pratiquement aucune aide financière, car ce sont d’abord les communes qui ont le levier de pouvoir accompagner financièrement les particuliers, à l’image de la ville de Bayeux, qui propose de payer 50% de la facture de votre récupérateur dans un plafond de 100 euros.

L’agriculture devra-t-elle faire preuve de sobriété ?

Alors que l’actualité récente autour de la création de méga-bassines à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres a créé une véritable fronde de la part des mouvements écologistes, comment continuer à irriguer les cultures, même si cela ne concerne que 7% des terres agricoles normandes ? Le réchauffement climatique va obliger les producteurs à s’interroger sur leur production à l’avenir, comme l'annonce Laurence Sellos :

Dans les bassins d'alimentation de captage, il y a des programmes d'action qui sont mis en place, qui sensibilisent les agriculteurs, qui leur imposent un certain nombre d'actions à mettre en place. On est dans l'éducation, la pédagogie par rapport à la réduction. Il y a toute une démarche à mettre en place et c'est ce que font, au travers de toutes les préconisations que nous pouvons leur apporter, les agriculteurs. Il y a encore du chemin à faire mais les choses sont en route.

Laurence Sellos,

Présidente de la chambre d’agriculture de Seine-Maritime

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Intervention de Laurence Sellos, Présidente de la chambre d’agriculture de Seine-Maritime dans Dimanche en politique sur le réchauffement climatique ©France 3 Normandie

Cette émission est à découvrir ce dimanche 23 avril à 11h30 sur France 3 Normandie et en replay sur la plateforme France.TV

La prochaine émission Dimanche en politique sera à suivre le dimanche 30 avril 2023 et sera présentée par Frédéric Nicolas sur le thème de la fin de vie.

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