DATA. 2022, l'année la plus chaude jamais enregistrée en Normandie

L'année a été ponctuée de phénomènes extrêmes d’une ampleur inédite. Météo-France dresse le bilan climatique en Normandie.

Vagues de chaleur précoces, sécheresse, ensoleillement... Au moment de dresser le bilan climatique de l'année, jeudi 5 janvier, les chiffres s'embrasent : 2022 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée dans la région. De fortes gelées en avril et une période froide en décembre n'ont pas compensé les fortes chaleurs estivales et l'extrême douceur automnale. 

"L'ensoleillement a aussi été exceptionnel, comparé aux trente dernières années, et la sécheresse a impacté le territoire, même s'il faut relativiser par rapport à d'autres régions. Depuis dix ans, on voit les températures moyennes évoluer. Ce sont des manifestations du réchauffement climatique", abonde Daniel Vendramini responsable du service prévision et climatologie du centre Météo-France de Rennes, qui documente la Normandie. Retour, en quatre infographies, sur le bilan climatique normand.

12,46°C : l'année la plus chaude jamais enregistrée en Normandie

L'année 2022 a connu une douceur exceptionnelle. Avec 12,46°C de température annuelle moyenne, la Normandie enregistre l'année la plus chaude, devant 2020 et 2014.

Symbole du changement climatique, les épisodes anormalement chauds se sont multipliés tandis que les épisodes de froid se sont raréfiés à l'exception de gelées en avril et en novembre. Une donnée parle d'elle même : 8 des 10 années les plus chaudes depuis le début du XXe siècle dans l'hexagone sont postérieures à 2010. 

Des températures caniculaires enregistrées en juillet 2022 

L'été sera chaud, l'été sera beau... Mais l'été sera surtout caniculaire. Le 18 juillet 2022, le thermomètre indique 40,1°C à l'ombre, à Caen. Nouveau record qui efface des tablettes les 39,7°C du 29 juin 2019. Le mercure indique 39,3°C à Vire, 40,3°C à Pontorson, et dans la Manche, la barre des 40°C est même franchie pour la première fois, depuis que les relevés existent. Le thermomètre a aussi explosé à La Hague, qui est devenu pendant quelques heures en fin de nuit, la zone la plus chaude de France (32,8 °C) à cause du vent du sud-est. Le lendemain, le 19 juillet, il fait encore plus chaud sur l'est de la région. Rouen enregistre 41,8 °C, Jumièges (76) 40,8°C et Dieppe voit son record tomber avec 40,4 °C.

C'est aussi un mois très sec : 11 mm tombent en moyenne sur la région, contre 59 mm habituellement attendus. Juillet n'a de fait jamais été aussi sec depuis 60 ans. "Le mois de juillet va présenter de plus en plus des pics de chaleur. C'est déjà le cas ces dix dernières années. Et on sait que la sécheresse est un facteur aggravant qui favorise les départs de feu par exemple", expose Daniel Vendramini, pour Météo-France.

De la pluie... Ces quatre derniers mois

Les parapluies de Cherbourg ont encore de beaux jours devant eux, mais la pluie a fait défaut sur une bonne partie du territoire cette année. "Il y a eu une fin d’hiver et un printemps très sec, avec des mois déficitaires en pluie. On dénombre 47 jours consécutifs sans précipitations significatives entre le 30 juin et le 15 août à Gonneville par exemple, nouveau record. L'année est donc un peu plus sèche, mais il faut relativiser par rapport au reste de la France. Novembre et décembre ont été très pluvieux et il y a eu beaucoup d'orages en juin. Cela a limité les dégâts en Normandie", soupèse le climatologue Daniel Vendramini qui ajoute que la pluviométrie se révèle inégale sur le territoire normand. En juillet, les évènements orageux entrainent 215 mm de pluie à Octeville-sur-mer (76) et 229 mm à Bernières-sur-mer pour les postes les plus secs, contre 430 mm à Coulouvray-Boisbenâtre (50).

Mais l’année écoulée figure parmi les 10 années les plus sèches depuis 1951 de la station de Caen-Carpiquet. 558 millimètres sont tombés sur la ville de Caen, dont la moitié sur les quatre derniers mois. "Les quantités de pluie sont équivalentes, mais l'année a été marquée par des épisodes très tranchés entre de longues périodes sèches et des périodes pluvieuses", ajoute le spécialiste.

Un automne très doux

Comme pour de nombreux mois de l'année 2022, novembre connaît une douceur exceptionnelle. "On sait que depuis 2013, les automnes surpassent la norme. Mais c'est spécialement avéré pour l'automne 2022", souligne Daniel Vendramini. Avec une température moyenne de 13,6 °C, soit un excédent de 1,7 °C, la période se place au deuxième rang des automnes les plus doux depuis 75 ans, juste derrière 2006 (13,9 °C). 

Sans surprise, l'hiver 2022 a lui aussi été très doux. Ce dernier se situe au septième rang des hivers les plus chauds observés depuis 75 ans. 

<< Lire aussi : Ce que le dérèglement climatique va changer dans l'agriculture normande à l'horizon 2050 >>

Ponctuée d’extrêmes climatiques, 2022 est un symptôme du changement climatique en France et en Normandie. Ces records de chaleur, remarquables dans le climat actuel, pourraient devenir la norme, d'ici 2050.

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