Chômage technique et chute des ventes : une usine de l'Eure victime des manifestations des gilets jaunes

L'une des rares usines françaises de chaussures ne reçoit presque plus de commandes des commerçants situés dans les villes où les clients, face aux violences des manifestations, n'achètent plus
 
Estrella Barrientos est ce que l'on appelle une battante. Une chef d'entreprise qui se bagarre depuis des années pour maintenir l'activité de Marco Chaussures, la plus ancienne usine de chaussures de France. Située à Pont-de l'Arche, dans le département de l'Eure, Marco fabrique des chaussures depuis la fin du 18e siècle. Après des travaux de mise aux normes, une liquidation, une reprise et une diversification des activités, l'entreprise a passé le cap des années 2010 et conforté la renommée internationale de son savoir-faire et de la qualité de sa production. 

Mais en dépit d'une gestion rigoureuse, l'usine Marco est confrontée en ce début 2019 à une brutale et imprévue baisse des commandes.

Conséquences des manifestations des gilets jaunes

Comme en Normandie, particulièrement à Rouen et à Caen, de nombreuses villes françaises sont envahies chaque samedi par des manifestations de gilets jaunes. En centre-ville, les défilés, les affrontements, les jets de projectiles, les dégradations, les incendies, les vitrines brisées et l'air rendu irrespirable par les gaz lacrymogène font fuir les clients.

C'est ainsi que les commerçants ont enregistré d'importantes pertes de chiffre d'affaires fin décembre. La période des soldes de janvier a été elle aussi impactée. 
Confrontés à une baisse des ventes, les commerçants ont depuis des mois des stocks importants. C'est le cas des magasins de chaussures qui n'ont pas vendu ce qu'ils avaient en rayon. Et logiquement, ces détaillants ne passent plus de nouvelles commandes.

A l'usine Marco, Estrella Barrientos a déjà chiffré cette baisse des ventes. Avec une production qui ne se vend plus, elle envisage de mettre une trentaine de salariés au chômage technique :

Les ventes tombent. Pourquoi ? Parce que nos détaillants n'appellent pas pour se faire livrer en réassortiment parce qu'ils n'ont pas vendu… Et ils n'ont pas vendu à cause des manifestations qu'ils subissent depuis le mois de novembre.
Pour mon entreprise la perte est d'au moins 50.000 euros.
Pour s'en sortir on espère des reports d'échéance pour tout ce qui est charges, au moins ça, et si après il peut y avoir des aides, on sera bien content de les avoir si ça peut permettre que l'usine continue…

 
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Une entreprise de l'Eure victime des manifs des gilets jaunes
 

Pour sauver les emplois

Comme beaucoup de commerçants et d'entreprises pénalisées par les manifestations à répéition, Estrella Barrientos attend beaucoup des mesures d'aides qui doivent être mises en place cette semaine par le gouvermenent.
Une usine de l'Eure victime des manifestations des gilets jaunes
VIDEO : le reportage de Raphaël Deh et Didier Meunier
 


 
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