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Marie Humbert, la mère de Vincent Humbert, est décédée à Evreux

Marie Humbert avait aidé son fils Vincent, tétraplégique, à mourir en 2003. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Marie Humbert avait aidé son fils Vincent, tétraplégique, à mourir en 2003. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Marie Humbert, qui avait aidé son fils Vincent, tétraplégique, à mourir en 2003 et relancé le débat sur la fin de vie, est décédée dimanche 5 août à l'âge de 63 ans à Evreux. La nouvelle a été annoncée par un confrère de RTL, proche de la famille.

Par LA avec AFP

"Infiniment triste de vous apprendre le décès cette nuit de mon amie Marie Humbert." C'est sur Twitter que Frédéric Veille, correspondant RTL, a annoncé la disparition de la mère de Vincent Humbert. Elle est décédée dimanche 5 août à Evreux. Âgée de 63 ans, elle y était hospitalisée dans une clinique depuis un an. Le journaliste est proche de la famille. (Il est l'auteur de "Je vous demande le droit de mourir", livre posthume de Vincent, ndlr).
 

C'était une femme fabuleuse qui s'est battue pendant des années. Elle avait fait une promesse à son fils qui était de poursuivre son combat et que la loi sur l'euthanasie évolue

Elle est partie déçue et amère de ne pas avoir été au bout de son combat. Elle et Vincent souhaitaient une loi Humbert, pour toutes ces personnes prisonnières de leur corps

Retrouvez l'interview de Frédéric Veille pour France 3 Normandie ci-dessous. (Marie-Hélène Tichoux et Bruno Belamri)

 

L'affaire Humbert ou le "droit de mourir"

L'"Affaire Humbert" au début des années 2000 avait relancé le débat sur la fin de vie en France. Tétraplégique, muet et quasiment aveugle à la suite d'un accident de la route,
mais disposant de ses facultés intellectuelles, Vincent Humbert meurt le 26 septembre 2003.
Auparavant, de son lit d'hôpital de Berck (Pas-de-Calais), cet ex-pompier avait demandé solennellement par écrit au président Jacques Chirac "le droit de mourir". Le chef de l'Etat lui avait répondu: "je ne peux vous apporter ce que vous attendez".
Sa mère Marie a tenté d'exaucer son voeu, à la date anniversaire de l'accident le 24 septembre 2003, injectant des barbituriques dans une de ses perfusions. Plongé dans le coma, Vincent Humbert est maintenu en vie deux jours, avant que le médecin réanimateur, le docteur Frédéric Chaussoy, ne débranche son respirateur artificiel. Poursuivis, la mère et le médecin bénéficieront d'un non-lieu en février 2006.

Le Dr Chaussoy se souvient de Marie Humbert : 

C'était une femme engagée qui a su prendre les décisions et faire face au souhait qu'avait son fils. Elle a eu une décision extrêmement courageuse: il n'y a rien
de plus dur pour une mère que de donner la mort à son fils. (...) Tous les intervenants de cette affaire, Vincent le premier, Marie et moi, on a oeuvré pour qu'on ait quelque chose: maintenant c'est la loi Leonetti, ça n'a rien de parfait, il faudra sans doute la faire évoluer. Mais enfin, c'est à cause ou grâce à nous que la législation française a pu évoluer


La loi Léonetti votée en 2005


Inspirée par cette affaire, la loi Leonetti votée en avril 2005 a instauré un droit au "laisser mourir" mais sans permettre l'euthanasie active. Les médecins peuvent décider collégialement "de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie".

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