Grèves de la faim, manifestations... le centre de rétention de Oissel sous tension

Au centre de rétention de Oissel, les retenus n'ont pas d'information sur leur avenir en raison du COVID. Ils ignorent quand et comment elles vont repartir dans leur pays. Ils ont manifesté le week-end dernier.

La tension monte au centre de rétention de Oissel.
La tension monte au centre de rétention de Oissel. © Calypso Vanier / France Télévisions

Que se passe-t-il ces derniers jours au centre de rétention administratif de Oissel ? Samedi dernier, le 20 février 2021, une trentaine de retenus ont organisé une manifestation pour alerter sur leur situation qui selon eux, se dégrade avec la crise sanitaire. 

"Tout ce qu'on voulait c'est de partir dehors", nous confie un retenu. "On est là, on n'a pas de papiers et on l'accepte. Ce n'est pas notre choix de ne pas avoir de papiers. C'est mal de nous garder trois mois ici. Normalement, soit tu me laisse chez moi, soit tu me laisse libre." 

Avec la crise du covid, le séjour des retenus au CRA se rallonge.
Avec la crise du covid, le séjour des retenus au CRA se rallonge. © Calypso Vanier / France Télévisions

Des barricades avec leurs matelas

Après avoir monté de petites barricades avec leurs matelas, les retenus ont retrouvé leur calme suite à l'intervention des forces de l'ordre. Pour autant, la situation sur place reste tendue. L'un d'entre eux, étudiant en informatique sans papier, a même entamé une grève de la faim. Il ne s'est pas alimenté depuis le 20 février. 

"Je n'ai pas commis de faute au niveau de la justice française, j'ai essayé de me comporter aussi bien que je pouvais, pour le respect que je dois à la France, et je me retrouve dans cette situation", nous confie-t-il.

Des violences auraient également éclaté dimanche dernier. Un retenu a été conduit à l'hôpital et dit avoir été frappé par un policier. Le directeur du centre dément. 

Les fonctionnaires sont intervenus en utilisant la force strictement nécessaire pour le neutraliser. Une plainte a été transmise au parquet de Rouen. Il y a effectivement une tension montante de la part de certains retenus qui ne comprennent pas l'objet de leur placement en rétention.

Frédéric Ragui, commandant de police du CRA de Oissel

Tous ont l'obligation de quitter le territoire français, mais la crise du covid a réduit considérablement le nombre de vols aériens. Conséquence : la durée de la rétention peut s'allonger.

Ils ne sont pas détenus, ils sont retenus pour théoriquement un très bref passage avant d'être renvoyé dans leur pays ou d'être libéré. Or, il n'y a pas de vols donc ils peuvent rester ici assez longtemps, presque 90 jours...

Bernard Rio, membre du Réseau des visiteurs et Observatoire du centre de rétention d'Oissel

L'année dernière, près d'un retenu sur deux du centre de rétention de Oissel a été reconduit dans son pays d'origine. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
prison justice société faits divers