Face aux nuisances des goélands, des communes normandes stérilisent des œufs

Les œufs de goélands sont stérilisés à Cherbourg et au Havre pour limiter la surpopulation de l'animal et les nuances qu'elle engendre, notamment en zone urbaine.

Le cri du goéland est un son typique du bord de mer. Mais pour beaucoup de riverains, l'animal est une source de nuisances sonores en plus des déjections animales. Chaque année, une campagne de stérilisation de ses œufs a lieu sur la côte normande de mai à juin, comme à Cherbourg et au Havre.

Les cordistes, ces professionnels qui travaillent en hauteur à l’aide de cordes, passent au crible chaque toit d'immeuble pour repérer les nids. Ils aspergent ensuite, sur les œufs, un mélange d'huile et de formol pour les empêcher d'éclore. Cette procédure est nécessaire pour contrôler la population selon certaines municipalités.

"L'an passé, 1042 nids ont été stérilisés, ce qui représente 2 536 œufs qui n'ont pas éclos", explique Augustin Boeuf, adjoint au maire du Havre, chargé de la propreté et du stationnement. En 2022, la ville de Cherbourg, quant à elle, a traité plus de 120 nids, pour 1 300 couples de goélands.

Une population en baisse

L'oiseau marin est cependant sous surveillance à Cherbourg parce-que les effectifs y seraient en baisse. "Le goéland argenté est menacé, il a subi une baisse de près de la moitié de ses effectifs en 20 ans, chose dont on ne se rend pas compte quand on est urbain parce-qu'il y a eu un déport des colonies naturelles vers les centres-villes", explique Daphné Lapie, ornitologue au Groupe Ornithologique Normand (GON).

La régulation de l'animal est principalement réalisée en centre-ville puisque c'est ici qu'il s'y multiplie. La facilité d'accès à la nourriture, notamment dans les poubelles, est l'une des principales raisons. Au Havre, si rien n'était fait, le nombre de goélands augmenterait de 10% par an.

La ville portuaire procède depuis 20 ans à la stérilisation des œufs. À Cherbourg, la méthode est utilisée depuis 1996. Mais ces campagnes s'avéraient limitées, comme le constate Daphnée Lapie : "Les goélands semblent avoir commencé à quitter les lieux en réaction à ces campagnes, mais sans partir de l'agglomération. En fait, ça a juste eu comme effet de les reporter vers d'autres secteurs".

L'idéal, pour les habitants de Cherbourg serait que les goélands marins rejoignent des sites naturels lors de leur nidification, comme la Rade de Cherbourg ou l'Île de Tatihou.

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