6 mois de prison ferme contre un jeune conducteur

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Écrit par Catherine BERRA

Il avait fauché un gendarme de 32 ans, mort sur le coup, à Briouze en janvier.

"La vitesse - entre 111 et 120 km/h au lieu de 80 km/h autorisé pour le jeune conducteur - et le manque d'attention sont à l'origine de l'accident", a indiqué ce mercredi le procureur de la République à Argentan, David Pamart, qui avait requis mardi deux ans avec sursis et l'annulation du permis de conduire du jeune homme pendant 3 ans.

Condamné à 24 mois de prison dont 18 avec sursis et à une annulation de permis avec interdiction de le repasser pendant deux ans, le jeune homme a expliqué à la barre qu'il avait le regard sur son poste radio au moment de l'accident et affirmé qu'il n'était pas au téléphone.

"Son téléphone était en communication entre trois minutes et trente secondes avant l'accident mais il n'est pas prouvé qu'il l'était encore au moment de l'accident", a précisé M. Parmart qui a estimé, lors de l'audience, que l'on avait plus à faire à un "inconscient de la route" qu'à un "assassin de la route".

L'avocat du prévenu, qui avait obtenu son permis huit mois plus tôt, "a souligné que l'accident était intervenu tôt le matin, qu'il faisait nuit et que le gendarme, sans élément particulier - comme des bandes réfléchissantes - en plus de sa tenue de gendarme, n'était peut-être pas très visible", selon le parquet.

L'adjudant Ludovic Richard, a été fauché par le monospace alors qu'il sécurisait les lieux pour éviter un nouvel accident sur le lieu d'un premier à Pointel, à 75 km au nord-ouest d'Alençon.

Le gendarme, membre de la brigade départementale de renseignement et d'investigation judiciaire d'Alençon, se rendait avec quatre collègues, dont sa compagne, à Aunay-sur-Odon, pour une autre mission. Les militaires s'étaient arrêtés en apercevant un accident sans gravité impliquant deux véhicules.

La directrice de cabinet du préfet de l'Orne, Edith Harzic, avait alors parlé d'un "dramatique concours de circonstances".

En déplacement à Lille, le président de la République d'alors, Nicolas Sarkozy, avait salué la mémoire du gendarme à qui un hommage solennel avait été rendu quelques jours plus tard à la gendarmerie d'Alençon.