Journée mondiale contre le cancer : les traitements progressent et la maladie se guérit mieux


A l'occasion de la journée mondiale contre le cancer, le Centre Henri Bequerel de Rouen, référence en la matière, a  souhaité communiquer sur la nécessité de dédramatiser la maladie. Même si la Normandie est la 2ème région la plus touchée en France. 

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Archive © France 3 Normandie

Le mot fait peur et la maladie est encore taboue pour certains. Pourtant le cancer se guérit mieux et la science a beaucoup progressé.
Au Centre Henri Bequerel de Rouen, l'un des 18 centres contre le cancer en France, on cherche à dédramatiser la maladie. 

" Il y a beaucoup d'appréhension de la part des patients qui arrivent ici relativement angoissés. La prise en charge va être difficile, les traitements lourds , il faut dédramatiser, les mettre à l'aise quand on peut " nous explique Virginie Renaux, aide soignante au centre Bequerel.

Le centre veut changer son image, opposer à la brutalité de la maladie la bienveillance des équipes soignantes.
Artus Paty, le directeur adjoint du centre de lutte contre le cancer Henri Bequerel, se veut même rassurant. 

" On a parfois des patients qui ont peur de franchir les murs d'un centre de lutte contre le cancer parce qu'ils ont le sentiment que venir ici c'est pour y mourir, alors qu'aujourd'hui la grande majorité de nos patients guérissent "

Le Centre s'est engagé à respecter une Charte de qualité des soins à destination des patients, ceux d'aujourd'hui et ceux de demain. Car s'il se soigne mieux, le cancer touchera beaucoups plus de personnes à l'avenir. 

 " Selon les études, d'ici une 50aine d'années, il y aura 70% de cancers en plus dû à l'environnement et au vieillissement de la population... ce sera essentiel de proposer une prise en charge optimale " nous explique Mickaël Ghamry, infirmier au centre Henri Bequerel. 


                                                
 

Centre Henri Bequerel de lutte contre le cancer ©France 3 Normandie

                                              

                                         Des traitements prometteurs


Aujourd'hui le centre soigne 25 000 patients par an, et selon son directeur général Pierre Véra le cancer se guérit désormais à 55%. D'ici 10 ans, les 2/3 des malades s'en sortiront, et les 3/4 dans 20 ans.
Depuis le Plan cancer, les professionnels ont mis au point des procédures nouvelles, notamment dans l'annonce du diagnostique, mais aussi pendant et après la maladie. L'idée est aussi de rassurer le patient et de proposer des soins plus doux, plus légers.
Parmi les traitements prometteurs, l'immunothérapie -qui a été l'objet de deux prix Nobel en 2019- est une évolution majeure de ces cinq dernières années qui vient compléter la chimiothérapie et la radiothérapie. 
Les professionnels qui oeuvrent à la lutte contre le cancer ne pensaient pas aller aussi loin dans la recherche avec cette découverte.

         "On a compris un mécanisme fondamental qui est que la tumeur, le cancer, empêche les défenses immunitaires de notre organisme de se défendre contre la maladie. On est capable aujourd'hui de donner des traitements qui bloquent le blocage du cancer. Notre système immunitaire arrive à déteriorer lui même les cellules tumorales !" Pierre Véra directeur général du centre Henri Bequerel

 

                               
                             La normandie, 2ème région la plus touchée par le cancer en France



En terme de cancer, la prévention est essentielle. Un cancer du sein dépisté très précocement a 90% de chance d'être guéri. 
Le vaccin contre le papillomavirus protège contre le cancer du col de l'utérus. Les médecins envisagent aussi de vacciner les garçons, ce virus sexuellement transmissible pouvant également dégénérer en cancer de la gorge.
Les campagnes de dépistage du cancer du côlon et du cancer du sein ont également fait leurs preuves.

Parmi les 400 000 cancers traités par an, 40% pourraient être évité en agissant sur les facteurs auto induits, comme le tabac, l'alcool ou le surpoids, et en plus faible mesure par la pollution. Des éléments qui expliquent sans doute la mauvaise place de la Normandie, au 2ème rang des régions les plus touchées en France.

 

entretien avec le professeur Pierre Véra, directeur général du Centre Henri Bequerel à Rouen ©France 3 Normandie

 

                                                 

 

 

 

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