Législatives 2024. Les candidats face à l'épreuve d'une campagne express

La campagne des législatives, provoquée par la dissolution surprise de l'Assemblée nationale, ne durera que deux semaines. Dans cette campagne express, chaque journée est cruciale. Une course contre la montre s'est engagée pour les candidats dès le premier jour.

Les stands du marché de Carentan, dans la Manche, sont ouverts et les lève-tôt peuvent commencer leurs achats. Ce matin du lundi 17 juin, ils sont accompagnés par une nouvelle catégorie de visiteurs : les candidats aux élections législatives. En ce premier matin de campagne électorale, ces derniers sont déjà sur le pied de garde.

La dissolution surprise de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron, le 9 juin, a précipité la France dans une campagne électorale aussi inattendue que courte. Les candidats disposent tout juste de deux semaines pour convaincre, le premier tout de l'élection se tenant le dimanche 30 juin. "On s'attendait plutôt à une dissolution à l'automne", confie, tracts en main, Franck Simon, candidat pour le Rassemblement national (RN) dans la 1ère circonscription de la Manche. "Tout le monde est pris de court", confirme, quelques stands plus loin, Philippe Gosselin, candidat divers droite sortant, en lisse pour récupérer son siège de député.

Deux semaines pour convaincre

Habituellement, les campagnes des législatives s'étendent sur une période de deux mois. Surtout, ce sont normalement des échéances préparées soigneusement en amont. "En quinze jours, on n'a pas nécessairement le temps de faire une campagne que, d'habitude, on fait sur deux mois, qu'on monte en anticipant, avec une stratégie", explique Philippe Gosselin.

Au point, selon le député sortant, de mettre à la peine certains candidats. "Une campagne aussi courte, en réalité, elle n'est pas démocratique. Elle favorise ceux qui connaissent, et ceux qui veulent essayer de percer ne peuvent pas. Je trouve que si on est dans un enjeu démocratique, ce n'est pas une bonne solution", avance même celui qui a été élu en 2022 sous l'étiquette Les Républicains. Et de préciser : "Ceux qui étaient déjà candidats en 2022 ont, comme moi, déjà les références. On sait qu'il faut rendre les professions de foi à une certaine date, appeler l'imprimeur en urgence".

L'urgence, c'est ce qui anime tous les candidats, en cette première semaine de campagne. "L'affichage va être assez restreint", annonce le candidat RN Franck Simon, faute d'avoir pu faire imprimer beaucoup d'affiches dans les temps. "Ça nous pose beaucoup de problèmes au niveau administratif et pour les imprimeurs". Pour compenser, "nous allons être sur les marchés tous les jours", affirme-t-il. "La campagne va tellement être courte qu'il ne faut rater aucun marché".

Au contact des électeurs

Tous les candidats choisissent, stratégiquement, d'intensifier leur présence sur le terrain, pour "être au contact, à portée d'engueulade", s'amuse Philippe Gosselin. Sur le marché de Carentan, Guillaume Hédouin, le candidat du Nouveau Front populaire, la nouvelle alliance à gauche, implore un vendeur de légumes, électeur de gauche : "Ce qui est important, c'est aussi ce que vous allez dire à votre entourage. On n'a que deux semaines, donc ce que disent les candidats ne sera pas forcément entendu. Par contre, si vous persuadez des abstentionnistes, ça va changer radicalement le résultat", lance ce conseiller régional, qui avait atteint le second tour des législatives de 2022. "On n'a pas vraiment le temps de finasser sur cette campagne, il faut aller très vite !", résume-t-il.

Au RN, un élément rassure : le bon score aux élections européennes du 9 juin de la liste de Jordan Bardella, arrivé en tête dans la circonscription, avec 33,6% des suffrages. "On surfe sur le score des européennes", avoue Franck Simon.

Raison de plus, pour Philippe Gosselin, dont le parti Les Républicains n'a obtenu que 8,2% des votes, de labourer le terrain. "On essaie de faire tous azimuts : sur les réseaux, sur les marchés, dans les réunions publiques", décrit-il. "On est aujourd'hui sous adrénaline", abonde son concurrent Guillaume Hédouin. "C'est des heures de sommeil en moins. Cette campagne électorale est tout autant nocturne pour nous que quotidienne. On fait notre journée, et on essaie de régler tous les problèmes la nuit, ce qui fait que, quand on se réveille le matin, on sent que ça va être quinze jours très intenses", conclut le candidat.

Découvrez les listes complètes des candidats aux législatives des 30 juin et 7 juillet dans le Calvados, la Manche, l'Orne, l'Eure et la Seine-Maritime.

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