Les enseignants mobilisés contre les suppressions d'heures et de postes en pleine crise sanitaire

Ils ont manifesté un peu partout en Normandie ce 26 janvier pour parler des dotations horaires en baisse et de leurs salaires bloqués comme pour les soignants de l'hôpital. Les profs sont en colère et la crise sanitaire n'arrange rien. 

Ils étaient plus d'une centaine à Alençon et présents aussi dans des cortèges en milieu rural, comme à Domfront (61), devant le seul lycée de la ville. Un petit établissement familial de 296 élèves "qui perd chaque année peu d'élèves, 1% à la dernière rentrée,  mais beaucoup d'heures", explique une enseignant mobilisés comme tous ses collègues. 100 % des professeurs de ce lycée étaient en grève, ce matin. 

Crise sanitaire, salaires des profs: des personnels de l'éducation nationale, rejoints par les infirmières scolaires mais aussi les lycéens et les étudiants, étaient en grève mardi et se mobilisaient partout en France pour dénoncer leurs conditions de travail.
 

 

C'est catastrophique pour l'apprentissage des élèves. La dotation globale baisse chaque année alors que les effectifs restent stables. Il faut comprendre que ça veut dire moins de profs et donc moins d'heures de cours. On n'a plus de conditions normales d'enseignement.

professeur d'Italien au Lycée Rostand, à Caen

Selon le ministère de l'Education, le taux de grévistes des enseignants en France s'élevait à la mi-journée à 11%.
De son côté, le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, relevait un tiers de grévistes dans le premier degré. Dans le second degré, le Snes-FSU, premier syndicat, estimait ce taux à 40% des professeurs, CPE, PsyEN (psy de l'éducation nationale), AED (assistants d'éducation) et AESH (accompagnagnants d'élèves handicapés). A l'appel d'une intersyndicale composée notamment de la FSU, de la CGT et de FO,de nombreux défilés étaient prévus, un peu partout.

Des salaires bloqués comme à l'hôpital

Dans les revendications, le montant des salaires était aussi à l'ordre du jour. En faisant la comparaison entre leur situation et celle des professionnels de santé du secteur public, Bruno, professeur au collège Lechanteur, à Caen, explique :  "Notre gel d'indice se cumule à la réforme des retraites et tout cela nous fait perdre beaucoup. C'est un déclassement social que nous subissons."

Un peu plus loin, c'est une collègue d'EPS qui est venue aussi pour dire qu'elle ne comprend pas comment on peut laisser les élèves sans activité sportive en pleine crise sanitaire : "marcher dans le froid , c'est la seule chose que l'on peut faire", précise t-elle abassourdie par les dernières directives. 

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