Longe côte : ce qu'il faut savoir avant de se lancer dans la marche aquatique

Alors que le protocole sanitaire lié au Covid-19 a provoqué la fermeture de beaucoup de clubs pour cet été, on peut-être tenté de partir seul pour une marche aquatique. Le longe côte, ça paraît simple comme une baignade mais il y a plein de choses à connaître et mieux vaut être en groupe.

Imaginez vous que l'on se déshydrate énormément dans une combinaison ? Le longe côte ne s'improvise pas
Imaginez vous que l'on se déshydrate énormément dans une combinaison ? Le longe côte ne s'improvise pas © JONATHAN KONITZ/Maxppp
"Vous êtes bien sur le répondeur du longe côte granvillais, le club restera fermé tout l'été. Nous reprendrons l'activité au mois de septembre le dimanche et le mercredi, par groupe de trois" : seulement par trois ?
Il va être difficile, cet été, de trouver un club de longe côte ouvert. Et ceux qui proposent encore des sorties, sont, par effet ricochet, encore plus sollicités que d'habitude, au point de refuser -parfois- du monde.
 

Le covid-19 a bouleversé bien des habitudes et le long côte n'échappe pas à la tendance.
"Il faut par exemple désinfecter toutes les combinaisons prêtées après chaque utilisation, c'est très contraignant pour tous", explique Laurent Guerin responsable du longe côte au club Eolia, d'Omaha Beach mais aussi reponsable des pratiques et adhésions à la Fédération Française de Randonnée-Normandie, dont dépend cette activité.
Certains clubs ont donc préféré attendre un peu, et reprendre à un moment plus calme,  si les protocoles se relâchent un peu. "D'autres comme le nôtre à Omaha restent ouverts et vont de l'avant, en essayant de jongler entre recommandations, protocoles et bon sens."

Ne jamais partir seul ou même à deux

Alors que ce sport semble accessible à tous, à condition de ne pas avoir peur de l'eau, les éducateurs sportifs alertent sur la tentation de partir seul (e) ou entre ami(e)s pour une marche aquatique improvisée. Il faut savoir marcher à un bon rythme et avoir un peu de condition physique, ne pas avoir peur de l'eau (entre le nombril et les épaules) mais pas uniquement. Marcher dans l'eau c'est aussi en connaître les dangers : les courants, les vents, les marées. Et là, c'est déjà plus difficile. Un simple tuto sur you tube ne suffit pas. 

Le propre de l'Homme ce n'est pas de marcher dans la mer. Ce n'est pas notre milieu naturel, il ne faut jamais négliger ça. On connaît très très mal ce milieu, en règle général

Laurent Guérin, coach diplômé Longe Côte et délégué de la FFR
 

Depuis quelques années, les tutoriels se développent sur les réseaux sociaux et on vous explique en quelques exemples comment marcher dans l'eau. Alors entre marche aquatique ou longe côte (encore une fois cela veut dire marcher avec de l'eau sur un niveau allant au-dessus du nombril et en dessous les épaules) et marcher dans l'eau jusqu'aux genoux, la difficulté n'est pas la même. Si on veut perdre un peu de cellulite, le dernier suffit, comme dans cette vidéo:
 

Marcher avec de l'eau jusqu'aux genoux : les bienfaits


D'autres mettent en avant quelques exercices à pratiquer en mer avec des haltères ou une planche : l'eau est plus haute pour le baigneur. Il faut à partir de ce niveau-là respecter les bases : ne pas être seul ou à deux, mais en groupe et accompagné de quelqu'un d'expérience, comme un moniteur.

On n'imagine pas que ce sport peut-être dangereux. C'est comme le Kite-Surf, mieux vaut partir avec un moniteur, en groupe. Seul, il faut connaître la plage, maîtriser ses reliefs, les horaires des marées et le vent

Laurent Guérin


C'est important de connaître les courants et ils sont différents selon une mer qui descend ou qui monte. Rien ne s'improvise, c'est l'expérience qui fait la différence. D'où le danger, pour les touristes l'été. 
 

Ne pas glisser ou se laisser tomber dans un trou en bougeant dans tous les sens : une prudence permanente


Aussi simple qu'une baignade ?

"On entend souvent dire que c'est aussi simple qu'une baignade et qu'il n'y a rien de difficile. C'est aussi pour ça que c'est vu comme pas très fun et réservé aux plus vieux", regrette Laurent Guérin. 

C'est faux. Une séance de longe côte c'est 10 fois la durée du bain de mer et c'est donc un risque de noyade bien plus important. Il va y avoir de plus en plus d'accidents avec tous les gens qui partent à l'aventure sans moniteur, aussi parce que c'est difficile de trouver de la place dans un groupe.

L'eau moins fluide que l'air : le coeur très sollicité

Il faut par exemple savoir que l'eau est 25 fois moins moins fluide que l'air, l'effort est donc beaucoup plus dense dans l'eau. Et le rythme cardiaque s'accélère. Certes, on se sent plus léger que dans la course à pied et les genoux fatiguent moins. Mais pour le coeur, c'est plus difficile. 

"On a vu dans le Calvados, une jeune coach sportive de la région parisienne âgée seulement de 38 ans, décéder d'une crise cardiaque en sortant de l'eau", raconte laurent Guérin en fin connaisseur du longe côte dans la région. Et selon lui, les accidents "en couple" vont se multiplier. Aussi il est important de ne pas sortir avant et après l'arrivée des maîtres nageurs sur les plages surveillées. C'est plus prudent.

La marche aquatique souvent présentée comme facile et conviviale a donc ses limites. Il faut les connaître pour la pratiquer le plus sereinement possible.
Devenir "longeur", ça s'apprend :
 
Les longeuses de Dieppe

Un dernier conseil : éviter les sortie avec les enfants qui ne font pas la même taille que vous. En effet, ils perdent pied trop facilement et les risques de noyades sont importants.
 
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