Chaînon manquant entre les Urgences et le médecin généraliste, un centre de soins immédiats vient d'ouvrir ses portes à Cherbourg.
Quand Patricia est arrivée pour une petite douleur au coude, elle ne pensait pas repartir avec un plâtre. Une fracture, même petite, oblige le médecin à immobiliser son bras. La patiente est surprise, mais soulagée d'avoir pu être prise en charge rapidement.
Depuis peu, un nouveau centre médical a ouvert ses portes à Cherbourg, offrant une solution intermédiaire entre la médecine générale et les urgences saturées.
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"On n'est pas médecin traitant, on ne fait pas de renouvellement d'ordonnance", précise le docteur Angélique Khimoun, urgentiste de formation et responsable de la structure, "On est vraiment là pour les petites urgences les soins non programmés, les petites choses de la vie courante qui ne sont pas prévues et pour lesquelles le médecin traitant ne peut pas toujours être disponible".
Le but : désengorger l'hôpital
Ce centre médical offre une solution alternative, quand les délais sont parfois longs avant d’obtenir une consultation chez le médecin traitant. Quand il y en a un, car le Cotentin n'échappe pas à la problématique de désert médical.
"J'ai téléphoné à mon médecin mais elle ne travaille pas le mercredi", explique une patiente, "et SOS médecin n’avait pas de créneau disponible en ligne sur internet donc je suis venue ici. Je ne savais pas où aller. Je pense qu’encombrer les urgences pour quelque chose qui ne doit pas être très grave… Je pense que j'ai une petite entorse c'est tout".
Le centre médical est ouvert de 9 h à 19 h en semaine, sans rendez-vous. Pas besoin d'appel au 15 avant de se présenter. Deux médecins, deux infirmières et deux secrétaires prennent en charge les patients en journée. 46 personnes ont pu être prises en charge le jour de l'ouverture avec des délais d'attente d'1h30 à 2h en moyenne.
Comment fonctionne ce centre médical ?
"Les raisons des consultations varient", explique Le Dr Angélique Khimoun, responsable de la structure, "hier, par exemple, nous avons accueilli de nombreux patients présentant des syndromes grippaux. Aujourd’hui, ce sont surtout des petits traumatismes : des chutes, des blessures légères, ce genre de choses. En étant un intermédiaire, nous évitons que des patients se rendent aux urgences pour des situations moins graves, surtout en cette période où l’hôpital de Cherbourg est en plan blanc."
"Si vous êtes capable de vous déplacer, vous pouvez probablement être pris en charge chez nous", précise l’urgentiste,"pour les cas plus graves ou une situation nécessitant potentiellement une intervention chirurgicale, nous réorientons les patients vers les urgences. Nous travaillons étroitement avec l’hôpital : les urgences nous adressent parfois des patients, et nous pouvons leur en renvoyer lorsque nécessaire ».
Comment ce centre a-t-il été créé ?
" Il s’agit d’un centre privé" rappelle le Dr Khimoun, "nous l’avons entièrement financé par un prêt. Nous fonctionnons avec une petite équipe : un médecin, une infirmière, et deux secrétaires sont présents chaque jour. Tout dépendra de l’évolution du centre pour savoir si l’équipe sera renforcée à l’avenir.
"Nos infirmières sont capables d’identifier rapidement les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Si besoin, nous gérons les transferts vers l’hôpital, avec ou sans SMUR. Cependant, hier, nous avons dû demander à certains patients de revenir aujourd’hui, car nous étions saturés."