Cyclisme. Quatre coureurs normands sur les routes d'Italie pour le Giro 2023

Quatre coureurs normands s'apprêtent à participer au Tour d'Italie, du 6 au 28 mai. Trois d'entre eux défendront les couleurs d'AG2R-Citroën, tandis que le quatrième portera la tunique de la Cofidis.

La Normandie présente un joli contingent au Tour d'Italie qui débute ce samedi 6 mai. Quatre coureurs de la région figurent parmi les 15 tricolores sur la ligne de départ à Fossacesa. Trois d'entre eux sont alignés par la formation AG2R-Citroën : les Manchois Mikaël Chérel et Paul Lapeira, ainsi que l'Ornais Nicolas Prodhomme. Autre cycliste originaire de l'Orne, François Bidard a été sélectionné par Cofidis. Le point sur la forme et les ambitions de chacun. 

Chérel, le 18e grand tour du vétéran

A 37 ans, Mikaël Chérel va participer à son 18e grand tour, son cinquième Tour d'Italie. Capitaine de route, équipier modèle, il sera chargé d'épauler son leader, Aurélien Paret-Peintre tout au long de la course. Il devait avoir le même rôle l'an dernier, mais son leader d'alors, l'Autrichien Felix Gall, avait eu une grosse défaillance dès le début de l'épreuve. Alors, le Normand avait pu lâcher son rôle protecteur et faire sa course. 

J'avais fait un très bon classement général, mais une équipe comme AG2R-Citroën ne peut se satisfaire d'une 23e place donc je serai en soutien d'Aurélien, et sans ambition personnelle au classement général. Après selon les opportunités qui vont s'ouvrir devant moi, j'espère éventuellement faire en bon coup sur une étape, mais l'objectif n°1 reste le Top 10 pour Aurélien.

Mikaël Chérel, AG2R-Citroën

Malheureux sur le Tour de France l'été dernier, qu'il avait dû quitter à cause d'un test positif au Covid, le Manchois espère aller au bout de ce qui sera peut-être la dernière course de trois semaines de sa carrière, à moins que son équipe ne le retienne sur le Tour de France. Il figure en tout cas parmi les préselectionnés. Une huitième participation serait un beau cadeau d'adieu pour celui qui espère mettre un terme à sa carrière lors des championnats de France 2024, dans le Sud-Manche, sur ses terres.  

Lapeira, le bizuth

Mikaël Chérel jouera aussi un rôle de grand frère auprès de Paul Lapeira. Originaire commme lui de Saint-Hilaire-du-Harcouët, le jeune puncheur (22 ans) va vivre sa première expérience sur un grand tour, pour sa deuxième saison professionnelle. "On se connait depuis plus de 15 ans et jamais j'avais imaginé pouvoir courir un grand tour à ses côtés. D'être sur un Giro ensemble, c'est formidable, c'est l'apogée d'une bele histoire", synthétise Chérel. 

Souvent à l'offensive depuis le début de la saison sans être récompensé, Paul Lapeira restera prudent dans un premier temps, avant de peut-être se montrer si les jambes sont au rendez-vous. 

C'est un mélange d'excitation et d'appréhension. Les grands tours sont ce qui se fait de plus beau dans le vélo. J'aime beaucoup l'Italie, j'y ai gagné pas mal de courses dans les catégories jeunes. Je me demande aussi comment mon corps va tenir, comment je vais récupérer. Je tâcherai d'épauler au mieux Aurélien Paret-Peintre. Après, j'aimerais bien prendre une échappée, pour voir ce que ça fait d'être à l'avant sur un grand tour. 

Paul Lapeira, AG2R-Citroën

Prodhomme, un retour dans l'inconnu

Dernier normand de la formation AG2R-Citroën, Nicolas Prodhomme participe au Giro pour la deuxième fois. 65e en 2022, il sera aussi au service d'Aurélien Paret-Peintre mais compte sur des bons de sortie sur des étapes plus à sa convenance."J'arrive dans un rôle d'équipier, mais il y aura sûrement plusieurs opportunités pour des échappées. L'an passé, j'en avait pris trois ou quatre, et ça m'avait beaucoup plu". 

Victime d'une fracture de la clavicule lors de sa course de rentrée, début janvier, sur le Grand Prix la Marseillaise, l'Ornais a vu sa préparation tronquée. Pourtant, il préfère y voir du positif. "J'arrive avec plus de fraîcheur". Il voudra croquer à pleines dents dans ce Giro qui sera son unique grand tour de la saison, une volonté de son équipe qui souhaite réduire son volume de courses pour cette troisième année chez les professionnels, année de transition. 

François Bidard pour le plaisir, sans pression

Autre Ornais au sein du peloton du Giro 2023, François Bidard s'élancera l'esprit libre des bords de la Mer Adriatique. Cofidis, sa formation, débarque en Italie sans leader désigné, après le forfait de dernière minute de Victor Lafay. "J'ai tellement l'habitude de faire l'équipier à fond que ça fait bizarre de prendre le départ d'une course de trois semaines sans véritable objectif d'équipe. J'aurai plus carte blanche, avec des jours à faire à fond et d'autres à lever le pied volontairement". Les 4e, 5e et 8e étapes pourraient lui convenir.


Il est donc fort probable qu'on le retrouve régulièrement à l'attaque sur des routes transalpines qu'il connait bien. Ce sera, en effet, sa sixième participation au Tour d'Italie. De 2017 à 2021, il n'en a raté aucun, mais le dernier en date reste un mauvais souvenir. Il avait dû abandonner, touché à la clavicule, après une chute dès la 5e étape. "C'est marrant, j'y repense pas mal parce qu'à 200 km près, on repart d'où je suis tombé. C'est un peu un clin d'oeil du destin".

Depuis cette mésaventure, François Bidard n'avait plus été aligné sur un grand tour. Ce come-back sur le Giro met donc fin à deux ans de disette, pour celui qui n'a encore jamais participé au Tour de France. En revanche, chez Cofidis, il n'est pas accompagné par son compère ornais Guillaume Martin. Le grimpeur et leader de la formation nordiste avait doublé Giro et Tour de France l'an passé. Frustré par ses sensations et ses performances sur les deux courses (33e et abandon dû au Covid), il n'a pas souhaité renouveller l'expérience en 2023 et se concentrera uniquement sur la Grande Boucle cette saison.