Les ex-otages français enlevés au Bénin seront de retour en France à 18H - les détails de leur libération

Les ex-otages - Laurent Lassimouillas serrant la main du président Roch Kaboré et Patrick Pique, originaire de Barenton (Manche) le 11 mai 2019 / © Capture tweet de Roch KABORE @rochkaborepf
Les ex-otages - Laurent Lassimouillas serrant la main du président Roch Kaboré et Patrick Pique, originaire de Barenton (Manche) le 11 mai 2019 / © Capture tweet de Roch KABORE @rochkaborepf

Emmanuel Macron accueillera samedi après-midi à l'aéroport militaire de Villacoublay les deux ex-otages français, le Manchois Patrick Picque et Laurent Lassimouillas (originaire de l'Essonne), libérés ce vendredi par les forces spéciales dans le nord du Burkina Faso. Les détails de l'opération.

Par Pauline Latrouitte

Leur avion devrait atterrir aux alentours de 18H sur la base aérienne de la région parisienne où ils seront accueillis par le chef de l'Etat, les ministres Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères) et Florence Parly (Armées) ainsi que le Général François Lecointre, chef d'État-Major des armées.

Ils ont été reçus ce matin par Roch Kaboré, le président du Burkina-Faso
 


"Une opération très complexe"

Lors d'une conférence de presse, la ministre française des Armées, Florence Parly, a insisté sur la "très grande complexité" de cette opération menée dans la nuit du 9 au 10 mai au nord-Burkina. "C'est une opération d'une rare difficulté que peu d'armées au monde sont capables de mener", a-t-elle fait valoir en rendant hommage à "l'héroïsme des forces spéciales" françaises qui ont perdu deux des leurs pendant l'assaut contre les ravisseurs.

Selon le récit du chef d'état-major français, le général François Lecointre, "les commandos des forces spéciales se sont infiltrés dans la nuit noire sur une distance de 200 mètres, malgré la présence d'une sentinelle", avant d'être finalement repérés à 10 m des abris des ravisseurs. Les commandos décident alors de monter à l'assaut sans ouvrir le feu, pour ne pas provoquer de pertes chez les otages. Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello
"sont tués à très courte distance". En face, quatre ravisseurs sont tués.

Reportage à Barenton - Simon Derrienet Cyril Duponchel
 
Liberation des otages au Benin - soulagement à Barenton- détails de l'opération

L'importance des renseignements

Les autorités françaises suivaient l'évolution des ravisseurs depuis plusieurs jours et ont saisi l'opportunité d'agir en raison du risque "de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali (...) la Katiba Macina" du prédicateur Amadou Koufa, ce qui aurait dès lors "rendu impossible d'organiser une quelconque opération de libération", a détaillé le général Lecointre.

Cette opération a donc été "rendue possible par la mobilisation des moyens de (la force antijihadiste française au Sahel) Barkhane, le soutien logistique des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement", a précisé le général.

L'identité des preneurs d'otages qui avaient enlevé les deux touristes français au Bénin voisin est encore inconnue.
 
"Ce que l'on peut dire c'est qu'il y a deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l'un à Al Qaïda, pour l'autre à l'EIGS (Etat islamique au Grand Sahara)", a seulement déclaré Mme Parly.
 
© France Info
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Une région en totale insécurité : appel à la prudence

La France est déjà intervenue à plusieurs reprises dans le nord du Burkina dans le cadre de Barkhane, qui compte 4.500 soldats au Sahel, (Mali,
Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie).

"Dans cette région, il y a une insécurité totale dans laquelle pénètrent à la fois des groupes terroristes, des groupes de trafiquants, parfois des revendications ethniques", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui appelle les français "à la plus grande précaution."
 


Le nord des pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois à la stratégie d'expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés. 

Sur son site, le ministère des Affaires étrangères déconseillait formellement aux voyageurs de se déplacer dans l'extrême-nord du Bénin, frontalier du Burkina et du Niger, "compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d'enlèvement".
 

Hommage national pour les deux militaires 

Un hommage national doit avoir lieu mardi aux Invalides pour les deux militaires français tués. 
 

 
"Ils ont donné leur vie pour en libérer d'autres. Mardi, nous rendrons un hommage national aux Invalides à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Dès à présent, portons nos pensées vers leurs familles et frères d'armes", a écrit le chef de l'État sur Twitter.

Dans le communiqué de l'Elysée annonçant la libération des otages, M. Macron s'était incliné "avec émotion et gravité devant le sacrifice
de nos deux militaires". 


Pour rappel : Le manchois Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés lors d'un séjour touristique le 1er mai dans le nord du Bénin. Leur guide avait été retrouvé mort
 

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