POLÉMIQUE. Vidéo d'un cheval battu : enquête ouverte contre une écurie soupçonnée de maltraitance animale

Une écurie normande est plongée dans la tourmente après la diffusion d'une vidéo sur les réseaux sociaux. Devenue la cible de la vindicte des internautes, elle se retrouve également dans le viseur de la justice et des services de l'Etat.

C'est une vidéo qui a déjà été partagée plus de 4000 fois sur les réseaux sociaux et suscite des commentaires indignés. "J'ai juste envie de pleurer et de vomir", réagit une internaute. Sur cette courte vidéo de 16 secondes, issue d'un montage de trois plans, on aperçoit un homme en train de frapper un cheval à l'encolure et la croupe avec ce qui ressemble à un bâton. "Oh ! Tu me respectes un petit peu !", lance le protagoniste, filmé de dos et visiblement énervé, à l'animal. L'auteur de la vidéo invite les internautes à la partager et indique l'endroit ou se déroule cette scène, l'écurie Olivier, une écurie professionnelle basée sur la commune de Saint-Planchers, près de Granville.

Avec la viralité des réseaux sociaux et une population de plus en plus sensible au bien-être animal, ces quelques secondes d'images, qui jadis auraient pu paraître banales, provoquent une polémique dont l'ampleur dépasse les frontières de la Normandie. Selon nos confrères de Tendance Ouest, la SPA et la Fédération française d'équitation (FFE) se sont saisies de l'affaire et comptent mener des investigations. Localement, c'est la justice elle-même qui s'est emparée du dossier. Le parquet de Cherbourg a ouvert une enquête pour sévices et mauvais traitement.

Un règlement de compte ?

C'est sur les réseaux sociaux, que le frère du protagoniste de la vidéo a choisi de contre-attaquer. Dans un long texte publié sur Facebook, Alexandre Olivier fustige la méconnaissance de bon nombre de commentateurs quant au métier d'éleveur et rappelle que l'écurie familiale bénéficie du label "bien-être animal". "Le certificateur qui vérifie le respect des critères nécessaires maîtrise sans aucun doute mieux que vous la notion d’élevage." Il dénonce surtout "un montage vidéo qui coupe de tout contexte et empêche toute prise de recul (...) visant à nuire". Selon lui, ces images auraient été réalisées par une alternante que son frère ne souhaitait pas conserver dans son écurie. "Elle a pris la vidéo afin de pouvoir porter préjudice et avoir un moyen de chantage", accuse Alexandre Olivier.

L'affaire suscite suffisamment de bruit pour qu'elle soit suivie de près par les services de l'Etat. "Des investigations vont être menées par la Gendarmerie nationale et la Direction départementale de protection des populations afin d'identifier précisément les circonstances, les personnes en cause et la qualification pénale qui peut éventuellement être apportée aux faits", indique la préfecture de la Manche. Depuis la loi du 30 novembre 2021, les sanctions contre les auteurs de maltraitance animale ont été renforcées. Les actes de cruauté ou sévices graves envers un animal domestique ou apprivoisé sont punis de 45 000 euros d'amende et d'une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans.

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