A la Haye-du-Puits (50), comment le Pôle santé se prépare au pic épidémique

© Aurélie Misery / France Télévisions
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Les infirmiers et les médecins du pôle de santé de La Haye-du-Puits, dans la Manche, ont dû s'adapter pour faire face à leurs premiers cas de Covid-19 et se préparer au pic épidémique. Avec des visites à domicile sous haute protection sanitaire. 

Par Aurélie Misery

Au pôle santé de la Haye-du-Puits dans le centre Manche, les infirmiers assurent une centaine de soins par jour sur le canton. Une trentaine de patients est déjà diagnostiquée (même si non testée) comme infectée par le virus du Covid-19. "La première personne a été une femme âgée retrouvée jeudi dernier inanimée par les pompiers en grande détresse respiratoire. Deux jours après, c'est son aide-ménagère qui a manifesté les symptômes avec une forte fièvre," explique l'un des infirmiers qui s'attend à peut-être 200 patients infectés dans les jours qui viennent. "C'est périlleux pour tout le monde", soupire l'infirmier qui remarque qu' "en milieu rural, la faiblesse, ce sont les aide-ménagères qui interviennent auprès des personnes âgées. Elles sont indispensables mais n'ont pas de masques."  
 
© Aurélie Misery / France Télévisions
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Des visites à domicile sous haute protection

Dès lors, quel protocole pour les infirmiers à domicile ? "Nous les infirmiers, nous allons au domicile du patient avec "une grille de suivi du patient" établie par le médecin pour surveiller la température mais aussi évaluer la fréquence respiratoire, le pouls, la marbrure de la peau, la pression artérielle ou la deshydratation". Une surveillance qui nécessite une protection renforcée avec gants, surgants et masque. "Quand je sors de chez un patient, je dois penser à jeter mes surgants dans sa poubelle, et ensuite mes gants dans une autre poubelle avant de toucher ma voiture."

Pour un maximum de protection, l'infirmier désinfecte chaque jour sa voiture à l'alcool ménager ainsi que son téléphone et son lecteur de carte vitale, et utilise une malette de soins en plastique facilement javellisable. Et quand il rentre chez lui, il met tous ses vêtements dans un bac à part. 

Des télé-consultations 

Depuis hier mardi, les infirmiers de La Haye-du-puits sont habilités à assurer un service de télé-consultation à domicile en lien avec les médecins chez les patients infectés. "Dans ces cas-là, nous devons aussi nous équiper avec en plus, une casaque, une charlotte et des lunettes".

Une attention chronophage et épuisante. "C'est épuisant car il faut constamment raisonner sur la procédure." Des procédures établies en lien avec l'union régionale des professionnels de santé, et la CPAM"qui font eux aussi un travail énorme", souligne l'infirmier. 
 

"On croise les doigts" 

Tous les médecins, infirmiers libéraux et secrétaires du pôle sont sur le pont. "On croise les doigts pour qu'aucun de nous ne soit malade", souligne l'infirmier. "Une chose est sûre, dans les jours qui viennent, le nombre de télé-consultations va forcément augmenter, et nous les infirmiers, nous serons en première ligne.

Mais l'infirmier le constate, si la situation est "compliquée", cela créé de nouveaux liens dans l'équipe. Et sur le canton ! Car après un appel lancé par le pôle sur Facebook, un couvreur a apporté des combinaisons de protection, un menuisier local des masques FFP2. Du matériel a également été livré par la Maison point vert de la Haye-du-puits, spécialisée dans le bricolage. 
 
© Aurélie Misery / France Télévisions
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Au cabinet, des visites régulées 

Au Pôle de santé, les podologues et les orthophonistes ont fermé leurs cabinets. Les kinésithérapeutes n'assurent plus que les urgences à domicile. En revanche, les quatre médecins, les sept infirmiers libéraux et le personnel du centre médico-psychologique sont bien là, même si les portes de l'établissement sont closes. "Nous devons absolument garder nos locaux le plus propre possible."

C'est pourquoi désormais tous les rendez-vous doivent être pris par téléphone. "Et un tri téléphonique est fait en présence d'un médecin. Tous les sujets à risque sont renvoyés chez eux. Nous ne débloquons nos portes que lorsqu'un patient, ayant un rendez-vous, se présente. Il doit alors se laver les mains en entrant et en sortant.

Dans trois mois, l'infirmier sera à la retraite. "Je n'avais jamais été dans une telle situation de toute ma carrière". 




 

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