Le maire de Saint-Côme-du-Mont menacé de mort et son garage incendié parce qu'il soutient Emmanuel Macron

Publié le Mis à jour le
Écrit par Loeiza Larvor
Bernard Denis a déposé plainte ce mardi auprès de la gendarmerie.
Bernard Denis a déposé plainte ce mardi auprès de la gendarmerie. © Marie Saint Jours / France Télévisions

C'est une nouvelle affaire d'agression à l'encontre d'un élu en Normandie qui a eu lieu dans la nuit de lundi 6 décembre à mardi 7 décembre. Trois véhicules qui se trouvaient au domicile du maire délégué de Saint-Côme-du-Mont ont été incendiés et sa maison taguée de menaces de mort et d'un "Zemmour président". Une enquête a été ouverte.

Le maire de la petite commune de Saint-Côme-du-Mont est encore sous le choc ce mardi 7 décembre. La nuit dernière il a été victime d'une violente agression à son domicile. "J’étais dans mon lit et j’ai entendu un gros 'boom', raconte Bernard Denis, la voix tremblante. Un peu surpris, j’ai cherché dans la maison et en arrivant dans la salle de bain j’ai vu la lumière rouge et j’ai vu qu’il y avait le feu dans le garage".

Sur les trois voitures qui s'y trouvent, une seule n'a pas été trop endommagée, "les autres sont à la casse". "J'ai sorti la voiture qui n'était pas brûlé et quand je suis revenu mon épouse m'a dit de me retourner". Il découvre alors des tags sur le mur de son domicile. "Le maire soutient Macron. À mort ! Zemmour président".

"Mes enfants me demandent d'arrêter de faire de la politique"

L'élu a déposé une plainte ce mardi matin à la gendarmerie. "J'ai un peu la rage, reprend Bernard Denis. Je ne comprends pas ce genre de chose". Selon lui c'est le soutien qu'il a apporté au président de la République qui serait à l'origine de ces menaces et agressions.

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Bernard Denis maire de Saint-Côme-du-Mont ©Marie Saint Jours et Simon Le Pape / France Télévisions

"Je suis une tête de lard. Je ne m'arrêterai pas de travailler pour ma commune. Peut-être au niveau national j'essayerais d'être plus discret. Je le ferai pour ma famille et mon épouse". Cette dernière est "très très choquée", selon le maire. "Mes enfants me demandent d'arrêter la politique, ils sont inquiets". 

Bernard Denis assure n'avoir "aucune idée de qui ça pourrait être". Les tags ont d'ores et déjà été effacés par les services techniques de la ville.

"Une réponse ferme, sévère et immédiate de la justice"

Cyrile Lacombe, le procureur de la République de Coutances, confirme l'ouverture d'une enquête de flagrance. Une trentaine d'enquêteurs de trois unités différentes sont mobilisés. Si pour l'instant une enquête est ouverte pour destruction par moyens dangereux, Cyrile Lacombe n'exclut pas l'ouverture d'une information pour "menaces de mort envers des personnes dépositaires de l'autorité publique". "Nous apporterons une réponse ferme, sévère et immédiate de la justice", assure le Procureur. Il envisage également "des mesures afin d'assurer la sécurité du maire et des élus en général". 

Une condamnation unanime de la classe politique

Les soutiens n'ont pas tardé à affluer ce mardi matin. Le Préfet de La Manche, Frédéric Périssat a été le premier à condamner cette agression. Il dénonce notamment des graffitis à caractère haineux. "De tels comportements contraires aux valeurs de notre démocratie et de la République seront combattus avec la plus grande fermeté", ajoute le préfet. 

Stéphane Travert, député de la troisième circonscription de La Manche dénonce des "actes inacceptables et indignes dans une démocratie". 

Philippe Gosselin, député de la première circonscription de La Manche s'indigne lui d'une "radicalisation qui nous engagent collectivement à une vigilance et une attention particulière. Ne rien banaliser". Charly Varin, représentant de l'association des maires de La Manche et Jean Morin, président du conseil départemental, ont également apporté leur soutien à Bernard Denis.  

Multiplication des menaces de mort

Déjà, la semaine dernière, le député Bertrand Sorre avait reçu dans sa boîte mails des menaces de mort. Son homologue Christophe Blanchet avait également reçu de telles menaces quelques jours plus tôt. D'autres députés ont également reçu ces menaces, mais ils ont préféré ne pas les médiatiser.

Interviewé le week-end dernier, Bertrand Sorre assurait que "si on accepte ce type de propos ça veut dire que demain on accepte les violences physiques". L'élu avait alors déposé plainte lundi 6 décembre. 

Comme ces homologues, Bernard Denis l'assure : "ça me donne envie de continuer. Il ne faut pas laisser faire ces gens-là. Je continuerai à me battre".

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