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Le préfet de la Manche en appelle à la solidarité des communes pour loger des familles albanaises

En juin 2017, nous avions rencontré des familles originaires d'Albanie et d'autres pays des Balkans dans ce campement à Saint-Lô. / © stephanie potay
En juin 2017, nous avions rencontré des familles originaires d'Albanie et d'autres pays des Balkans dans ce campement à Saint-Lô. / © stephanie potay

Dans la Manche, les centres d'hébergement sont pleins. La préfecture cherche où mettre à l'abri une cinquantaine de migrants, pour la plupart originaires d'Albanie qui sont arrivés récemment à Saint-Lô. 

Par Pierre-Marie Puaud

Le point sur "la situation des migrants" que la préfecture de la Manche a rendu public ce mardi 9 octobre ressemble fort à un appel à l'aide. Les services de l'état doivent trouver au plus vite "un gymnase" ou "une structure d'accueil collective". Si une commune, une intercommunalité acceptait d'ouvrir ses portes, cela permettrait de libérer la salle où des familles ont été mise à l'abri dans l'urgence ce dimanche.
 


Les pluies diluviennes tombées samedi ont rendu impraticables les campements de migrants installés à Saint-lô. La préfecture avait recensé 18 personnes dont 7 enfants. Elle a obtenu l'ouverture du gymnase Beaufils situé en centre-ville. Mais lundi, les services de l'état "découvrent en réalité 54 personnes dont 28 enfants". Le préfet s'interroge ouvertement :
 

D'où sortent ces nouvelles familles que la préfecture ne connaît pas ? Ont-il été amenés par des passeurs depuis Caen dans la nuit ? Sont-ils sortis par enchantement de quelque réseau local ?
 

Des policiers et des agents de la préfecture ont procédé à des vérifications d'identité. Les personnes les plus vulnérables, notamment des femmes enceintes, ont été mises à l'abri. Pour les autres, la place manque. D'autant que, souligne le préfet, "des hôtels du secteur, souvent échaudés par quelques expériences regrettables, refusent désormais de louer des chambres à l'état".
 

Pourquoi les Albanais quittent leur pays en masse et cherchent asile en France

Qu'est-ce qui pousse les Albanais à chercher refuge en France? L'Albanie a été le premier pays d'origine des demandeurs d'asile en 2017, avec 7630 demandes répertoriées dans l'hexagone, soit une hausse de 66%, selon les chiffres de l'OFPRA publiés ce lundi. Devant l'Afghanistan, Haïti, et le Soudan.


Un abri... avant l'expulsion


Mais le préfet, peut-être pour rassurer les communes qui disposeraient d'une salle adéquat, garantit que l'occupation ne durera que quelques temps seulement : "ces familles sont souvent issues de pays sûrs, comme l'Albanie, pays gouverné démocratiquement, avec un taux de croissance élevé, et des perspectives de développement économique et touristique". Et souligne-t-il, dans 80 % des cas, ces ressortissants se voient refuser l'asile. Mais l'examen de leur demande prend quelques mois.

L'Albanie a certes été épargnée par la guerre, mais la misère et la corruption vident le pays de sa jeunesse. Face à l'afflux, les autorités françaises se montrent néanmoins inflexibles, à l'image du préfet de la Manche : "la grande majorité des familles arrivées récemment à Saint-Lô fera très probablement l'objet (...) d'une obligation de quitter le territoire. (...) Laisser croire à ces familles qu'elles vont pouvoir rester et s'intégrer serait totalement irresponsable".



 

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