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Un collectif loge vingt familles de migrants dans un ancien Ehpad à Caen

Une petite fille albanaise découvre l'intérieur de l'ancien Ehpad, rue René Duchez. / © Camille Belsoeur / France 3 Normandie
Une petite fille albanaise découvre l'intérieur de l'ancien Ehpad, rue René Duchez. / © Camille Belsoeur / France 3 Normandie

L'ancien établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) était inoccupé depuis deux ans. Le collectif AG de lutte contre toutes les expulsions y loge depuis samedi 8 septembre une vingtaine de familles de migrants expulsées de d'autres squats du département. 

Par Camille Belsoeur

"Est-ce qu'on va avoir un balai pour faire le ménage?", interroge Floriza, une petite fille albanaise de 8 ans, venue avec sa famille en France. L'intérieur des locaux de l'ancien établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), rue René Duchez à Caen, est jonché de débris de miroirs brisés, de rouleaux de papier toilette, ou de bouteilles vides.

Inoccupé depuis deux ans, date de sa fermeture, le bâtiment de 2000 m2 porte les stigmates de rassemblements clandestins de fêtards qui l'ont régulièrement visité ces derniers mois. Mais pour les migrants géorgiens, albanais, congolais ou arméniens qui viennent de s'y installer, ce lieu insalubre ressemble presque à un palace. Il y a assez de chambres pour tout le monde et chacune est équipée d'une salle de bain. 
 
 

Jusqu'à 90 personnes

"On vient d'officialiser l'ouverture de ce lieu d'habitation dans cet ancien Ehpad qui était l'état d'abandon depuis deux ans. Le lieu a 47 chambres et on peut y imaginer y loger jusqu'à 90 personnes", témoigne Florent Herouard, membre du collectif AG de lutte contre toutes les expulsions

Les membres du collectif étaient au courant de l'abandon du bâtiment depuis deux ans grâce à une ancienne salariée de l'Ephad.

"On attendait de savoir si un éventuel projet de rénovation allait avoir lieu avant d'ouvrir le squat aux familles. Maintenant, on espère que les procédures d'expulsion n'aboutiront pas avant la trêve hivernale, même si elle n'est pas toujours respectée concernant les squats", ajoute Régis Guillet, un autre membre du collectif.

"La police nous a chassé de Venoix"

Avant d'arriver dans l'Ehpad désaffecté, Nicolas, un adolescent géorgien de 16 ans, a été chassé du squat du quartier de Venoix, où il était logé avec sa famille à Caen. "On avait des bonnes conditions à Venoix, mais la police nous a chassé. Je suis en France depuis 5 ans avec ma famille et on nous a refusé notre demande d'asile. On a dû fuir la Géorgie pour des raisons politiques", raconte t-il. Il est scolarisé en classe de première au lycée Victor Lépine.
 

Les migrants et les membres du collectif AG de lutte contre toutes les expulsions vont maintenant s'atteler à nettoyer l'intérieur de l'ancien Ehpad pour s'installer du mieux possible dans ce nouveau logement temporaire. En espérant y rester au moins jusqu'à la fin de l'hiver. 

 
Caen: un nouveau squat ouvre dans une ancienne maison de retraite
Reportage d'Aurélie Misery et Bruno Morice
Intervenants:
- Régis Guillet , AG de lutte contre toutes les expulsions
- Dritan Doci

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