Procès Karachi : la clémence réclamée par l’accusation, pourquoi ? Retour sur une affaire complexe

Il y a 22 ans, onze employés de la Direction des Constructions Navales (DCN) perdaient la vie dans l’explosion du bus qui les amenait sur le chantier pakistanais. L'enquête ouverte après cette tragédie révèle une sombre affaire de financement illégal de la vie politique, impliquant Edouard Balladur. L'ancien Premier ministre est relaxé par la Cour de justice de la République, mais la justice condamné plusieurs de ses proches. Leur procès en appel s'est ouvert le 3 juin. C'est l'heure des réquisitions.

En 2020, six prévenus avaient été condamnés en première instance, certains soupçonnés d’avoir financé illégalement la campagne d’Edouard Balladur en vue de l’élection présidentielle de 1995.

L’origine des sommes semblait venir de rétrocommissions illégales versées dans le cadre des contrats d’armement passés avec l’Arabie saoudite et le Pakistan pour des frégates et des sous-marins. Ces mêmes prévenus sont en procès en appel ces jours-ci. 

Effet domino de la relaxe d'Edouard Balladur 

Mais en mars 2021, la seule juridiction susceptible de juger un ministre ou un ancien ministre, la Cour de Justice de la République, relaxe l’ancien premier ministre. La cour estime en effet que des éléments manquent pour retracer l'origine d'un versement de 10,25 millions de francs en espèces, venu combler les comptes de campagne d’Edouard Balladur. Lui évoquait la vente de t-shirts pour expliquer l’origine d’une telle somme. Si l’argument ne convainc pas, l’origine exacte de cet argent demeure inconnue.

Souci de cohérence entre les juridictions

Si François Léotard, décédé depuis, avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100.000 euros d'amende, la relaxe d'Edouard Balladur semble aujourd'hui conduire le ministère public à se montrer plus clément. Les peines demandées contre les prévenus sont donc revues à la baisse, notamment contre Nicolas Bazire, ancien directeur de campagne d’Edouard Balladur.

Clémence et sursis demandés

Condamné d’abord à cinq ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, c’est la relaxe pour le recel d'abus de biens sociaux qui a été demandée cette fois par le parquet général qui ne requiert donc pas de condamnation et demande "la sagesse" de la cour pour la complicité du même délit.

Le ministère public a aussi requis quatre ans avec sursis et une relaxe partielle contre l'homme d'affaires Thierry Gaubert, proche de Nicolas Sarkozy impliqué dans la campagne Balladur. Quant à Renaud Donnedieu de Vabres, le ministère public a demandé à son encontre trois ans d'emprisonnement avec sursis. Enfin, Dominique Castellan, l'ancien patron de la DCN, encourt 2 ans avec sursis.

Fermeté à l’égard de Ziad Takiéddine l’un des intermédiaires

Lui encourt de la prison ferme, 5 ans plus exactement. Son mandat d’arrêt est maintenu  puisque l’homme sulfureux, ancien intermédiaire du versement des rétrocommissions, est toujours en fuite.

Le procès se poursuit aujourd'hui et devrait se terminer le 19 juin. 

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