Risque de submersion marine : à Bréhal, on mise sur les sapins de noël pour protéger la dune

Confrontée depuis plusieurs années à l'érosion de ses dunes, la commune de Bréhal, dans la Manche, expérimente cette année une nouvelle technique, déjà utilisée dans le sud-ouest de la France : l'utilisation de sapins de noël.

Les sapins de noël pourront-ils protéger les dunes de Bréhal ?
Les sapins de noël pourront-ils protéger les dunes de Bréhal ?

Ce samedi 30 janvier, une vingtaine de départements français sont placés en vigilance orange en raison des fortes pluies et coups de vent attendus. Parmi les risques pointés par Météo France, les crues de certains cours d'eau, des inondations mais aussi des vagues et submersions. Cette dernière menace, la Normandie y est régulièrement exposée. Selon une étude de l'INSEE publiée en décembre 2020, lus de 100 000 résidents, logements et emplois concernés par le risque de submersion marine dans la région dotée de 640 kilomètres de côte. Plusieurs communes de la Manche, comme Gouville-sur-Mer, tentent depuis plusieurs années de lutter, sans grande réussite, contre les assauts de la mer.

Epis en bois, big balls ou géotubes, diverses solutions ont été testées pour protéger les dunes, derniers remparts avant les habitations. A Bréhal, on mise cette année sur une "nouvelle" technique, nouvelle dans la région mais pas forcément en France. Offrir une seconde vie aux sapins de noël, c'est l'idée du projet "un sapin pour les dunes" lancé en 2016 sur plusieurs communes du littoral de Nouvelle-Aquitaine en partenariat avec l'Office National des Forêts. Un exemple qui a inspiré la municipalité de Bréhal. "L'idée ça a été de mettre des bennes à des emplacements très précis de la commune", explique Bernard Demelun, adjoint-au maire. Et un appel lancé dans la presse locale. Environs 750 arbres de noël, des Nordmann pour la plupart, ont ainsi été collectés après les fêtes de fin d'année.

Le dispositif n'a en soi rien d'original. Mais la finalité sort de l'ordinaire. A Bréhal, la dune a reculé en trois ans d'une dizaine de mètres. Malgré les tentatives de réensablement. En juin dernier, la municipalité a fait ériger une première barrière : des fascines, constituées de branches tressées, ont été installées sur 400 mètres. Ce dispositif est désormais renforcé par les 750 sapins. "L'avantage du conifère c'est que c'est une essence qui résiste assez bien à l'eau, elle ne pourrit pas", explique Eric Ferron, responsable espaces verts à la mairie de Bréhal. "Le but premier c'est de retenir les sables volants en période estivale, ce qui a fonctionné l'été dernier", indique Christophe Allo, le directeur des services techniques. Avec l'espoir de voir la dune se reconstituer d'ici quelques années. "En deuxième temps, ce constitue un renfort pour contrer les assauts de la mer lors des grandes marées.

Ce rempart totalement écologique a coûté à la commune manchoise 60 000 euros. Reste maintenant à voir si l'investissement sera à la hauteur des attentes. 

 

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