Surf : de la planche à la glisse, découvrez le métier de shaper avec Bazile Pinel

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C'est entre terre et mer que Vincent Chatelain va découvrir toutes les facettes de la Manche, terrain de jeu favori des sportifs les plus fous. Sortie en voilier, traversée de la Manche à la nage, sauvetage sportif et surf, Vincent affronte les éléments pour découvrir les activités nautiques étonnantes et les exploits aquatiques des normands. ©France 3 Normandie

Découvrez le portrait de Bazile Pinel, shaper de planches de surf : "pour moi, le surf c’est vraiment quelque chose qui mêle plusieurs dimensions (...) un fil directeur à la vie"

Bazile Pinel, shaper de planches de surf

La Manche, située dans le nord-ouest de l'Europe, est une mer épicontinentale de l’océan Atlantique. Longue de 500 kilomètres, large de 250 kilomètres entre la baie du Mont-Saint-Michel ainsi que le Devon en Angleterre et de 32 kilomètres au Pas de Calais, elle constitue l’une des zones maritimes les plus fréquentées du globe. Aujourd’hui la Manche propose de nombreuses activités nautiques. Pour les sports de glisse ou navigation, elle est source de challenge. Nombreux sont ceux qui bravent les courants en voilier ou en traversent la Manche à la nage. 

Originaire de Sciotot dans la Manche, Bazile Pinel est un “shaper”, c’est-à-dire qu’il fabrique des planches de surf. Il est tombé dans le surf quand il était petit avec son père. A l'adolescence, Bazile participe à des championnats. Il remporte celui de Normandie. Il se frotte aussi aux championnats de France, et affirme : 

Pour moi, le surf c’est vraiment quelque chose qui mêle plusieurs dimensions. Ce n’est pas juste le moment que l'on passe debout sur la planche dans l’eau, c’est aussi ce qu’il y a en amont : la recherche des vagues, la recherche de nouveaux designs de planches pour prendre les vagues différemment. C'est quelque chose qui trotte souvent dans la tête et qui donne un fil directeur à la vie

Bazile Pinel

Vachement Normand

 Après les compétitions, Bazil recherche toujours plus de performances.Mais pour pouvoir être performant, il faut la planche adéquate : l’idée de vouloir confectionner ses propres planches est née.

Du surf... à la conception de planches de surf

Côté études, Bazil Pinel s’est encore tourné vers la mer puisqu'il possède aujourd'hui un master en ingénierie et géosciences du littoral. Il s'est spécialisé dans l'étude des côtes rocheuses et à l'évolution des plages. Pour Bazil, l’idée était d’acquérir des connaissances sur la formation des vagues afin de découvrir de nouveaux spots et d'avoir un maximum de connaissances pour continuer à chercher les meilleures vagues.

À Sciotot, c’est dans la grange de ses parents qu’en 2019 il installe son atelier "Zeuglodon". C'est ici, qu'il crée sur mesure des planches de surf pour ses clients. Bazil conçoit les planches en fonction de plusieurs paramètres : le gabarit, le niveau et le type de vague souhaitée pour surfer. En fonction de tout cela, il réfléchit à la coque et essaye de trouver une “shape” (une forme de planche qui soit la plus cohérente et la plus adaptée en fonction de la personne). Il y a aussi tout le style de la planche, la décoration en fonction des attentes et aussi la forme de la planche en fonction des glisses des surfeurs. 

Aussi passionné que passionnant, Bazil aime le fait d'avoir un objet qui soit unique et personnalisé. Le shaper en quête de la vague et de la planche parfaite fait tout à la main et apporte une identité à ses créations. Pour satisfaire ses clients, Bazil met en général une semaine pour faire une planche de surf.

Quelles sont les étapes dans la création d'une planche de surf ? 

D'abord le traçage de l'outline : Le travail commence sur un "pain de mousse", la matière principale qui compose les planches de surf. Il s'agit d'une mousse de polyuréthane. Pour plus de résistance, le pain de mousse est renforcé avec une latte centrale en bois appelée “stringer”. Le shaper commence par couper son pain de mousse à l'outline, c'est-à-dire la forme extérieure de la future planche. Généralement cette découpe se fait avec un gabarit appelé template.

Puis la découpe du pain de mousse : Étape très minutieuse qui demande rigueur et précision. Une fois l'outline reportée sur le pain avec un feutre ou un crayon à papier gras, il faut commencer à couper. La découpe se fait tout d’abord avec une scie. Une fois scié, le pain de mousse ne laisse plus apparaître les lignes du crayon, le shaper travaille à l’œil.

L'affinage du pain de mousse : Il s’agit d’harmoniser le pain de mousse pour un rendu final avant glaçage. L’utilisation de rabots est nécessaire afin de mettre au même niveau, la latte en bois et la mousse. 

Pose du papier de verre : Cette étape consiste à recouvrir le pain de mousse d’un tissu de verre. Le tissu de verre est la clé d’une bonne étanchéité, protection et résistance au choc.

La pose de la résine : Le principe est d’imprégner le tissu de verre. Le shaper va éviter d’alourdir la planche en chassant le maximum de résine à l’aide d’une raclette.

Le glaçage : Le glaçage va permettre l’ajout d’une décoration. Le shaper aura le choix entre 2 solutions, peindre directement sur le pain de mousse puis glacer en transparent ou créer une résine teintée avec différents coloris. On reconnaît une résine teintée lorsque les rails sont plus foncés que le reste de la planche. La 2ème étape du glaçage consiste à repasser une couche de résine pure avec un additif. Ce dernier donne une surface lisse et uniforme.

Pour finir, le perçage des blocs de dérive : Les shapers utilisent une défonceuse qui va venir suivre les contours du modèle selon les systèmes de dérive. La taille de la fraise est calculée pour que le trou soit en adéquation avec la taille des dérives.

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