Municipales 2020 : les jeunes sont-ils prêts à s'engager ?

En France, seulement 4% des maires ont moins de 40 ans et ils ne sont qu’une vingtaine (0,05%) sur 34 968 à avoir moins de 30 ans. Pourquoi ont-ils tourné le dos au  « mandat » qui reste le plus apprécié de la population ?
© CLEMENT MAHOUDEAU IP3-PRESSMAXPPP
« Le jeune candidat, c’est celui qu’on met sur une liste pour respecter un équilibre d’âge mais  il n’aura aucune responsabilité »  c’est le sentiment partagé par de nombreux jeunes rencontrés sur le campus de Caen à quelques semaines des municipales.
 

Le désintérêt des jeunes pour la politique


Aux dernières élections municipales en 2014,  57% des 18-24 ans ne sont pas allés voter, contre 36,5% pour l'ensemble de la population.
Si les jeunes s’étaient dits intéressés par l’élection présidentielle en 2017 (80% selon une étude cévipof), il n’en est pas de même pour les municipales où les jeunes sont peu informés sur le scrutin « C’est quand ? On a déjà la liste des candidats ? On peut voir des affiches ? »  nous ont répondu certains jeunes croisés dans le centre-ville de Caen.
 
Quelle place pour les jeunes dans les Municipales ?


Pour débattre de ce sujet, Franck Besnier reçoit sur le plateau de Dimanche en politique ce 9 février :  Découvrez Dimanche en politique : Municipales : Quelles places pour les jeunes dans cette campagne ? 
durée de la vidéo: 27 min 01
Municipales 2020 : les jeunes et la politique - Dimanche en politique 9 janvier 2020 ©France 3 Normandie

► Municipales 2020 : les jeunes sont-ils prêts à d'engager ?
à suivre également dimanche 9 janvier 
à 11h30 sur France 3 Normandie

 

Où sont les jeunes ?

L’âge moyen d’un maire est de...62 ans, de 55 ans pour un conseiller municipal et de 50 ans pour un candidat en mars prochain, autant dire que les 18-34 ans sont quasiment absents de cette campagne et ceux qui ont choisi de se lancer l’ont fait pour des raisons qui échappent à l’engagement politique traditionnel.

Julien Demazure a 32 ans, il est à la tête de la commune de Neuville chant d’Oisel en Seine-Maritime (2.200 Habitants), c’est un des plus jeunes maires normand mais il reconnaît qu’il n’est pas arrivé en politique par hasard « Mon grand-père, mon père étaient élus, l’un communiste, l’autre socialiste, moi, je suis gaulliste, j’ai commencé à débattre de politique avec les profs au collège et j’ai rédigé mon 1er programme électoral à l’âge de 16 ans avant d’être élu maire à 26 ans ».

 

Une défiance généralisée à l'encontre de la politique


Dans son enquête 2019, le Cevipof (centre de recherche politique de Sciences Po) montre à quel point la rupture entre les Français et les acteurs de la vie politique est importante. A la question "qu"éprouvez-vous pour la politique ?" 79% des personnes interrogées ont des sentiments négatifs. Méfiance, dégoût, peur et ennui sont les mots qui reviennent le plus. Intérêt, respect et enthousiasme font peu de poids - 21% - face au rejet global.
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A quoi bon s’engager si c’est pour  ne pas être écouté ?   

Seulement 7% des jeunes se disent prêts à s’investir dans un parti politique et ils ne sont que 8% à dire qu’ils pourraient soutenir un candidat aux municipales. Le sentiment de ne pas être écouté, le manque de confiance dans les élus, la difficulté de concilier les études, l’avenir professionnel, sa vie privée sont autant de freins à un engagement politique.
 
Défiance envers la politique
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Une autre façon de faire de la politique

Les jeunes préfèrent autant utiliser les réseaux sociaux et les manifestations pour défendre leurs idées, en tête desquelles on trouve la défense du climat. Ils ont trouvé leur icône en la personne de Greta Thunberg :  56% chez les 18-24 ans la trouvent courageuse, un chiffre qui grimpe même à 71% chez les jeunes filles.
   

Des jeunes attirés par les extrêmes

La défiance à l’égard des politiques se traduit aussi par un vote contestataire dans les urnes. Plus d’un jeune sur deux a exprimé un vote protestataire à la dernière présidentielle, 30% des voix des 18-24 ans se sont portées sur Marine Lepen, faut-il y voir une raison de plus à ce manque d’intérêt pour la campagne des municipales qui n’est généralement pas très favorable au Rassemblement national qui ne détient qu’une dizaine de villes dans l’héxagone sur les presque 35 000 communes ?


 
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