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Cherbourg: le sous-marin “Le Tonnant” rentre au bercail pour mourir

Le Tonnant fait son entrée, à Cherbourg, dans le bassin où il va être démonté pièce par pièce ce mardi 11 septembre 2018 / © Charly Triballeau/AFP
Le Tonnant fait son entrée, à Cherbourg, dans le bassin où il va être démonté pièce par pièce ce mardi 11 septembre 2018 / © Charly Triballeau/AFP

L'opération de déconstruction et de dépollution des cinq premiers sous-marins nucléaires lanceurs d'engins débute ce mardi 11 septembre à Cherbourg. Le premier d'entre eux, le Tonnant, a fait son entrée dans le bassin où il va être démonté pièce par pièce.

Par CM

"C'est beaucoup d'émotion, c'est une page de la vie de Cherbourg qui se tourne, c'était la première génération de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, un matériel qui an quand même un gros impact sur la stratégie française et aujourd"hui on va commencer la déconstruction, le démonter pièce par pièce. Ça génère beaucoup d'émotion", expliquait ce mardi matin Olivier Lezin, de Naval Group, alors que Le Tonnant faisait son entrée dans le bassin de l'entreprise, à Cherbourg. En service pendant plus 18 ans (de 1980 à 1999), ce sous-marin effectuait son ultime voyage à l'endroit même où il vit le jour.

 
Off: arrivée du Tonnant pour sa déconstruction
Images de Bruno Morice

Au total, ce sont cinq sous-marins nucléaires lanceurs d'engins qui vont se succéder pendant une dizaine d'années dans le bassin de Naval Group à Cherbourg pour être dépollués et déconstruits (après avoir été délestés de leur composante nucléaire). Ce chantier, estimé à 120 millions d'euros, a été attribué à l'industriel en 2016 par la Direction Générale de l'Armement. "On ne pouvait pas envisager de devoir communiquer, pour assurer la sécurité de ces opérations de déconstruction, des informations concernant les plans, l'architecture, la conception de ces bâtiments à un autre industriel que le concepteur", reconnaît Thierry Tesson de la DGA.

Pour Naval Group, ce chantier permet, à l'instar d'Areva dans le nucléaire, de se positionner sur toute la chaîne du produit: de sa conception jusqu'à sa destruction/revalorisation. 87% de la masse solide du sous-marin va en effet être recyclé. "L'acier va être refondu et pourra être réutilisé. Il a certes des propriétés particulières, mais une fois refondu, il redevient un acier standard", explique Nathalie Smirnov, directrice des services de Naval Group; Cette revalorisation permet "de compenser une partie des coûts de la déconstruction", souligne Thierry Tesson.

Pour mener à bien cette opération, Naval Group, le maître d'oeuvre, a confié à Néom, filiale de Vinci, le désamiantage, et à Veolia la déconstruction elle-même . L'entreprise a également remis à neuf un bassin, qui était désaffecté, pour accueillir ce chantier. Ce dernier peut contenir une vingtaine de piscines olympiques (chaque sous-marin mesure 120 mètres de long et pour un poids de 7000 tonnes) et a été équipé d'une station de pompage et d'une grue. Un investissement pour l'avenir. "On va avoir beaucoup de travail sur ces coques de SNLE. Les SNA (sous-marins nucléaires d'attaque) de classe Rubis vont suivre", indique Nathalie Smirnov. Même si la DGA n'a pas encore donné son feu vert, Naval Group espère bien en effet s'occuper ensuite des ancêtres du Suffren et de la génération Barracuda en cours de construction dans ses ateliers. 
 
Cherbourg: lancement du chantier de déconstruction des premiers SNLE français

Reportage de Sylvain Rouil et Bruno Morice

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