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Bien avant les Gilets jaunes, les policiers d'Alençon se plaignaient déjà de leurs conditions de travail

Gilbert Grinstein est directeur départemental de la sécurité publique de l'Orne.
Gilbert Grinstein est directeur départemental de la sécurité publique de l'Orne.

Le syndicat Alliance Police appelle à fermer les commissariats ce 19 décembre pour réclamer de meilleures conditions de travail. Si les Gilets jaunes n'ont pas facilité les choses, la situation se détériore depuis bien plus longtemps. Exemple avec les policiers d'Alençon.

Par Raphaëlle BESANÇON.

Alliance Police appelle à une fermeture des commissariats mercredi 19 décembre. Une réaction au budget 2019 pour les forces de sécurité voté jeudi 20 décembre par l'Assemblée.

Le syndicat dénonce une baisse du budget sur investissement de 62 millions d'euros dans la Police nationale, un mutisme du gouvernement et réclame un vote du budget type plan Marshall.
 
Le syndicat exhorte les policiers à fermer les commissariats le 19 décembre. / © Capture écran/ Facebook.
Le syndicat exhorte les policiers à fermer les commissariats le 19 décembre. / © Capture écran/ Facebook.
 

Gilets jaunes, la goutte d'eau

Les mobilisations des Gilets jaunes qui se multiplient depuis le 18 novembre compliquent davantage les conditions de travail de la police. 

Lydia Briand , secrétaire d'Alliance Police pour le Calvados, témoigne :" Les collègues sont soumis à énormément de contraintes depuis plus d'un mois et les effectifs sont fatigués, énormément sollicités par des rappels sur repos, des repos supprimés, c'est très difficile pour eux en ce moment. Ils sont très courageux, mais c'est vrai qu'il y a une lassitude."
 


" On est ric-rac "

Mi-novembre, nos journalistes étaient allés à la rencontre des policiers d'Alençon. Pour 40 000 habitants, seulement cinq policiers composent la brigade de nuit." On gère surtout les tapages, les ivresses sur la voie publique et les violences conjugales, mais il peut aussi y avoir un braquage en cours", raconte une policière. Soixante-quatorze personnes travaillent au commissariat au total. 

"On fait au mieux mais on n'a pas suffisamment d'effectifs, on est ric-rac", déplore son collègue. En un an, au commissariat d'Alençon, les effectifs ont chuté : douze fonctionnaires de moins. Le directeur a dû se résigner à écrire au Procureur de la République. Faute d'effectifs formés, il ne peut plus procéder aux extractions de prisonniers dangereux de la prison voisine.

Malgré les sollicitations, depuis quatre ans, le ministère de l'Intérieur n'a apporté aucune réponse. Au total, en Police secours, il manque une quinzaine de personnes.

Reportage de Nicolas Corbard et Mickaël Goavec : 
 

" Retrouver le plaisir d'aider les autres "


Le manque d'effectifs pèse sur les équipes. Les policiers travaillent quatre jours pour deux jours de repos. Il est de plus en plus difficile pour eux de poser des jours de congés et ils ne disposent que d'un week-end toutes les six semaines.

"J'aimerais retrouver ce plaisir d'aider les autres et ce pourquoi je suis policier depuis vingt ans", avoue une des policières d'Alençon. En mars, trois nouveaux policiers devraient arriver en renfort mais cela ne compensera pas les départs prévus. 

 

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