Qui est Michaël Chiolo, le détenu soupçonné d'avoir agressé deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe ?

La photo de profil du compte de Michaël Chiolo date de 2010. / © Capture d'écran Facebook
La photo de profil du compte de Michaël Chiolo date de 2010. / © Capture d'écran Facebook

L'auteur présumé de l'attaque commise ce mardi matin purge une peine de trente ans de réclusion pour meurtre. Le jeune homme âgé de 27 ans a grandi à Saint-Avold en Moselle. Fasciné par le nazisme, condamné à plusieurs reprises pour des faits de délinquance, il s'est radicalisé en prison.

Par Pierre-Marie Puaud

Sur sa page Facebook, son dernier message remonte au 28 octobre 2010. Il écrit alors : "Le 5 novembre (vendredi prochain) j'passe au tribunal & jriske de remonter au schtar donc v'la si a plus de new d'ma part vs saurez pk." Michaël Chiolo, qui est aujourd'hui soupçonné d'avoir poignardé deux surveillants de la prison de Condé-sur-Sarthe, a encore le profil d'un jeune délinquant multi-récidiviste, connu pour des vols et des faits de violence.
 
Récit : P.Comte

Le 17 avril 2012, à Montigny-lès-Metz, on sonne à la porte de Roger Tarall. Lorsqu'il ouvre sa porte, le vieil homme âgé de 89 ans tombe nez à nez avec le canon d'un fusil. "S’il avait eu 20 ans, cet homme de caractère, libre, vous aurait corrigés !" dira une avocate devant la cour d'Assises de Nancy. Roger Tarall, ancien résistant, rescapé du camp de Dachau est ligoté, baillonné. Michaël Chiolo et deux complices lui volent quelques pièces de monnaie et des médailles militaires avant de prendre la fuite. Le vieil homme succombe après deux heures d'agonie.
 


Le trio est arrêté et incarcéré. En détention, Michaël Chiolo se réfugie dans la religion. "Il était jeune et très seul à la maison d’arrêt. Les milieux radicalisés lui ont tendu la main. Ensuite, il ne faisait pas mystère de son intérêt pour l’Islam" raconte l'un de ses anciens avocats dans les colonnes de l'Est Républicain. Lorsqu'il est est jugé une première fois par la cour d'assise, Me Cédric Damagny se souvient de son client qui "égrenait continuellement un chapelet religieux pendant les audiences. Mais ce débat sur la religion et sa radicalité, nous ne l’avons pas eu à l’époque".

Son ancien avocat se souvient de son "isolement affectif et moral"
 

Un jeune délinquant radicalisé en prison


Michaël Chiolo est condamné à 28 ans de prison. Mais il décide de faire appel. Contre l'avis de son avocat ajoute l'Est Républicain. "Je lui avait conseillé de reprendre des études. Il en était capable (…)  Là, il va  y avoir de nombreux incidents de détention à Epinal, mais je ne peux pas en dire plus. Son extrémisme s’accentue, ça je peux vous le dire".
 


Quelques jours après les attentats du 13 novembre 2015, des détenus de la maison d'arrêt de Mulhouse s'amusent à rejouer une scène macabre en criant "Bataclan". Ils sont "entraînés" par Chiolo selon la justice qui le condamne à un an de prison pour "apologie d'actes de terrorisme".

Son procès en appel devant la cour d'assise à Nancy s'ouvre moins d'un mois plus tard. La justice tente une fois encore de cerner la personnalité de Michaël Chiolo, ce jeune homme d'abord fasciné par le nazisme, qui en prison, profite d'être à l'isolement pour lire le Coran. Il est condamné à 30 ans de prison. La peine est assortie d'une période de sûreté de 20 ans. "Vous pleurerez vos enfants !" hurle-t-il alors à la cour avant d'être évacué du box des accusés.

A lire aussi

Sur le même sujet

Rallye automobile Père et fille (25'40) Vachement Normand - octobre 2019

Les + Lus