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Bold Eagle : prêt pour le Prix d'Amérique

Le dernier vainqueur du prix d'Amérique est bien parti pour être sacré une seconde fois dans cet officieux championnat du monde des trotteurs qui sera couru dimanche à l'hippodrome de Vincennes. Bold Eagle est entraîné dans l'Orne chez Sébastien Guarato. A l'écurie, son caractère fait l'unanimité.
Bold Eagle est le favari pour remporter un deuxième prix d'Amérique ce dimanche à Vincennes
Bold Eagle est le favari pour remporter un deuxième prix d'Amérique ce dimanche à Vincennes © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normandie
Il gratte le sol gelé avec son sabot en surveillant l'observateur du coin de l'oeil. Puis il s'effondre. Bold Eagle, les quatre fers en l'air, se roule par terre avant de se remettre sur ses pattes d'un bond vif et fier. "Il est très joueur, confie Hugues Monthulé, son lad attitré à l'écurie Guarato où sa bonne humeur tranche : les cadors des champs de courses sont souvent animés par un caractère bien trempé. "Bold Eagle est un nounours. Il est calme, il aime faire des câilins. Il est très attachant. Il y a pire que de s'occuper de chevaux comme ça".

Bold Eagle sur la piste d'entraînement de l'écurie Guarato au Ménil-Bérard dans l'Orne
Bold Eagle sur la piste d'entraînement de l'écurie Guarato au Ménil-Bérard dans l'Orne © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normandie


Un vrai Nounours...


Depuis qu'il est arrivé au Ménil-Bérard chez Sébastien Guarato en septembre 2014, le cheval fait l'unanimité. Le meilleur entraîneur français qui a sous ses ordres quelques un des meilleurs trotteurs du moment ne voit pas bien qui pourrait lui arriver à la cheville. Les premières impressions étaient pourtant trompeuses. "Je le trouvais un peu nonchalant, admet Sébastien Guarato. Et puis comme cela, il n'a rien de flatteur.C'est un petit cheval. Il n'a pas le chic comme on dit". Quelques séances de travail ont suffi à le convaincre qu'il avait un vrai crack à l'écurie.

Sur la piste, le fils de Ready Cash a des qualités qui en font un cheval d'exception. "Il a un gros moteur. Chez moi, on a une longue ligne droite en montée. En général, on la fait quatre fois. Avec lui, je pourrais la faire six ou sept fois. Il ne cale pas, raconte Sébastien Guarato, admiratif. Il est dur au mal. Son coeur bat lentement, et il respire bien. Il a un trot magnifique. et quelle accélération !". En course, ses aptitudes font merveille. son driver, Franck Nivard, peut adapter la tactique aux circonstances de la course. Bold Eagle est capable de prendre la tête et de résister à ses concurrents dans l'emballement final. Il peut aussi surgir après le dernier tournant : "avec son coup de jarret, il est quasi imbattable". 

De la race des géants


Ses performances parlent pour lui. Après une années 2015 en forme de tremplin vers la gloire (9 courses, 8 victoires), Bold Eagle s'est installé au sommet en 2016 : à seulement 5 ans, il a remporté 10 des 12 épreuves dans lesquelles il a été aligné, dont le prix d'Amérique. Et il semble mieux armé que jamais pour s'adjuger un deuxième titre dimanche prochain à Vincenes. A quelques jours de la course, le crack alterne les séances de travail et les promenades, histoire de le maintenir en forme sans le fatiguer. "Il faut qu'il reste calme, qu'il ne soit pas tout fou. Il faut qu'il ait du bon gaz !"

Qui pourrait le battre ? "L'an dernier on avait été devant tête et corde. Il avait contrôlé la course pendant 2000 mètres et il avait gagné facilement. Cette année, on va peut-être venir de derrière et placer sa pointe de vitesse comme un sprinter. Si on peut se contenter d'être devant sur les 400 derniers mètres, il peut faire très mal". Bold Eagle semble armé pour écrire sa légende. "Il n'a que six ans, calcule Sébastien Guarato. Avec son propriétaire, on aimerait le faire courir jusqu'à dix ans. L'idée ce serait de gagner cinq prix d'Amérique ! Ou quatre, comme Ourasi, ce serait super ! Bon, on va déjà essayer d'en gagner un deuxième." sourit Sébastien Guarato qui ne se méfie que d'une chose : "Il connaît la piste de Vincennes par coeur. Quand il voit le poteau d'arrivée, il a tendance à se relâcher parce qu'il sait que c'est bientôt fini. C'est un petit malin...".

Le reportage au Ménil-Bérard chez Sébastien Guarato  (PM Puaud / Nicolas Corbard)




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