VIDÉO. François Morel : "Je sens une espèce de pouvoir sur scène que je n'ai pas forcément dans la vie"

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Auteur, comédien, metteur en scène, chroniqueur, humoriste, chansonnier... François Morel est un artiste complet né en Normandie près de Flers (Orne). Il est l’invité du magazine Bavette Normande, présenté par Jacques Perrotte. Il y parle de son enfance, de ses amis, de son métier multifacettes… Bref, un sacré personnage et un beau moment assuré avec un vrai défenseur de la Normandie.

François Morel est un Normand pure souche, originaire de Saint-Georges des Groseilliers, dans l’Orne, près de Flers.

Après des études de lettres à l'Université de Caen, il intègre la prestigieuse école de la rue Blanche à Paris. C'est Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point à Paris, qui lui donne son premier rôle au petit écran dans la série Palace. Il intègre la compagnie de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, puis il devient un Deschiens avec Olivier Saladin, un autre Normand.

Dans notre magazine culturel mensuel Bavette normande, François Morel revient sur son enfance en Normandie. Il reviendra également sur son parcours professionnel et nous parle de son nouveau spectacle "La grande vie" qu'il a donné récemment au Théâtre de Caen avec l'Orchestre régional de Normandie et les enfants de la pré-Maitrise de Caen.

François Morel est un multi instrumentiste -même s’il ne joue pas d'instrument de musique- précise notre journaliste Jacques Perrotte. Présent à la radio, à la télé, au théâtre, au cinéma et dans la chanson, on pourrait toutefois le résumer en 2 mots : écriture et scène.

On dit que je fais plein de trucs, mais en fait je fais toujours la même chose, j'écris et je joue… Et souvent je joue ce que j'écris.

François Morel, auteur, comédien et artiste normand

Francois Morel défend la Normandie, il est même le parrain du cinéma Lux de Caen. Et parmi les richesses de notre belle région, il défend notamment sa gastronomie et se souvient d’une chronique réalisée pour France Inter sur… le camembert. Une chronique, vraiment ? Appelez-ça plutôt une ode, un hymne au camembert

Je veux chanter ici et sur ma France Inter / La beauté d’un pays la chance bocagère / D’un produit digne enfant de France et Normandie / Du Pays d’Auge enfin pour être plus précis. / Dans l’Orne exactement un jour Marie Harel / Fit cette découverte étonnante irréelle / D’un fromage vivant qui chante et qui respire / Comme un baiser volé comme un éclat de rire / Au milieu des pommiers des vaches des prés verts / Un jour heureux naquit le fameux camembert / [...]

François Morel, sur France Inter

"Je ne sais pas pourquoi j'avais fait un une chronique sur le camembert, j'ai un peu oublié" se confie-t-il, "mais j'avais mon oncle Marcel qui travaillait dans les camemberts donc ça faisait partie de l'histoire que j'avais à raconter".

La chanson, une tradition à la fin des repas

Son papa était cheminot et c'est lui qui avait un petit peu le goût des chansons. Il aimait bien chanter. "Enfin tout le monde chantait un peu", précise François Morel. "C'était un truc, une tradition à la fin des repas, des communions, des mariages, etc… Chacun avait sa chanson : Tata Renée chantait « Le retour des guinguettes », Tonton Marcel chantait « Les gars de la Marine », papa chantait « Besame Mucho » et maman pour envoyer une pique à sa belle mère chantait « Je ne dirais plus oui devant Monsieur le Maire et son secrétaire »."  

Depuis, François Morel est devenu un vrai chanteur, commençant tranquillement, faisant ses armes avec plein de gens et jusqu’à chanter avec Juliette, Reinhardt Wagner ou encore Antoine. Il nous confie qu’il aime vraiment chanter. "Oui, j'aime bien. Et puis j'aime bien l'art de la chanson. J'aime bien le fait de raconter une histoire, un univers en 2-3 minutes. Ça me touche, ça me plaît, j'ai même sûrement été plus influencé par des grands chanteurs que par des grands comédiens : Brassens, Moustaki, Barbara… Ce sont des gens qui ont accompagné toute mon adolescence et qui continuent de m'accompagner."

Le théâtre

Il commence avec une maîtrise de théâtre à Caen.

Maman était inquiète, ce que je comprends étant devenu père entre-temps. Je comprends qu'on soit inquiet quand votre enfant dit « je veux être artiste, je vais être comédien !». C'est pas sûr qu'il va réussir, quoi ! […] Maman aurait voulu que je sois derrière un guichet au Crédit Agricole mais franchement j'avais pas du tout les compétences pour ça.

François Morel

À Caen il se sent bien à la fac, il va au cinéma Le Lux, il va à la Comédie de Caen. "C'est l'époque Michel Dubois. Au Lux, je découvre tous les films, les burlesques, Alain Tanner, j'adore y aller, j'y vais tout le temps… Au théâtre, je découvre aussi les Raymond Devos, Guy Bedos, les Frères Jacques, Zouk…. Et puis je fais ma maîtrise sur un spectacle qui s'appelle « Le nouveau menotzame »  mis en scène par Michel Dubois, donc je peux suivre les répétitions. Je suis comme une petite souris dans le théâtre et je regarde tout ce qui se passe et j'adore."

Après avoir écrit quelques sketches et les avoir présentés, François Morel sait que "c'est ça que j'avais envie de faire de ma vie : être le plus longtemps possible sur scène et le plus régulièrement".

Des fois je me sens avoir une espèce de pouvoir sur scène que je n'ai pas forcément dans la vie, je me sens bon en tout cas, j'ai toujours envie d'y retourner.

François Morel

Les Deschiens

Du théâtre encore, avec la troupe des Deschiens, mais aussi de la télé, évidemment, qui va le rendre célèbre.

Morel raconte que dans les Deschiens, tout était plus ou moins improvisé, autour d’un thème donné. "Rien n'était écrit pendant cette période, tout se construisait comme ça, même dans les spectacles : à force d'improvisation, les choses marrantes, intéressantes qu'on trouvait, on les gardait, on les refaisait le lendemain en répétition. Et puis au bout d'un moment, ça devenait le spectacle, puis c'était extrêmement bien tricoté par nos metteurs en scène. Mais au départ, oui, c'était de l'improvisation."

Regardez cette archive de l’INA qui présente en 1995 le phénomène des Deschiens, et "son humour tendre sur les classes populaires"

En regardant des archives, l’œil de l’artiste normand pétille.

On s'amuse, quoi ! Avant d’amuser les autres, on s'amuse entre nous et c'est ça que le spectateur ressentait à un moment donné.

François Morel

A VOIR. BAVETTE NORMANDE sur France 3 Normandie

Bavette normande avec François Morel.

Diffusion : Mercredi 27 avril à 23h10 sur France 3 Normandie.

Une émission présentée par Jacques Perrotte.

Et disponible le lendemain en replay sur france.tv  

BAVETTE NORMANDE, Votre émission culturelle à retrouver un mercredi par mois sur France 3 Normandie.