Le tueur en série Michel Fourniret est mort : la disparition de Lydie Logé n'est pas résolue

Surnommé l'ogre des Ardennes, le tueur en série Michel Fourniret est décédé ce lundi 10 mai à 79 ans. Condamné à plusieurs reprises pour meurtre, il avait été récemment mis en examen dans l'enquête sur la disparition de Lydie Logé dans l'Orne en 1993. 

Archives, Michel Fourniret, en mai 2008
Archives, Michel Fourniret, en mai 2008 © MIKAEL LIBERT / ASA-PICTURES/EFE/Newscom/MaxPPP

Michel Fourniret emporte ses secrets dans la tombe, des secrets qui auraient permis, peut-être, de faire toute la lumière sur plusieurs disparitions. Ce lundi matin, nos confrères du Parisien révélaient que le tueur en série était hospitalisé "en fin de vie". Quelques heures plus tard, le procureur de Paris, Rémy Heitz, annonçait le décès du tueur en série âgé de 79 ans à l'Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) de la Pitié-Salpétrière à Paris. "Une enquête a été ouverte pour recherches des causes de la mort, confiée au 3e district de police judiciaire", a précisé le magistrat. Une enquête de routine qui vient s'ajouter à d'autres investigations le concernant.

Condamné une première fois à la perpétuité en 2008 pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes commis en 1987 et 2001, Michel Fourniret avait écopé d'une nouvelle condamnation à la perpétuité, dix ans plus tard, pour un assassinat crapuleux lié au trésor du.gang des postiches.

Mais, il n'en avait toujours pas fini avec la justice. Réagissant en fin de matinée à l'annonce de l'hospitalisation du tueur en série, l'avocat Me Didier Seban, avait fait part de la "déception des familles pour les affaires où il avait été mis en examen" et n'avait pas encore été jugé. Et de regretter : "pas de procès le concernant, pas de possibilité d'avoir les réponses attendues".

Me Didier Seban est l'avocat de la famille d'Estelle Mouzin, la petite fille de 9 ans disparue en 2003. En mars 2020, Michel Fourniret avait avoué sa responsabilité dans la mort de la fillette. Depuis plusieurs semaines, des recherches sont entreprises sur certaines de ses propriétés pour tenter de retrouver la dépouille de la victime.

Une disparition dans l'Orne non résolue

Me Didier Seban est aussi l'avocat de la famille de Lydie Logé, une jeune femme disparue à Saint-Christophe-le-Jajolet dans l'Orne le 18 décembre 1993. Le 22 décembre dernier, Michel Fourniret était mis en examen dans ce dossier pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

A l'époque déjà, l'avocat de la famille s'inquiétait de l'état de santé du suspect. "Il perd la mémoire et il est important pour la famille de savoir qui a commis ce crime abominable, qu’on sache aussi où est le corps, qu’on puisse lui donner une sépulture décente, qu’on puisse poser des questions et avoir des réponses." Me Didier Seban redoutait d'autant plus une absence d'issue judiciaire qu'il dénonçait "des failles, des difficultés, des fautes commises dans ces enquêtes criminelles". 

L'ADN relance l'enquête

Le corps de Lydie Logé n'a jamais été retrouvé. Deux enquêtes, menées de 1994 à 1998 puis de 2004 à 2009, ont toutes deux abouti à des non-lieux. Les investigations ont été relancées près de dix ans plus tard, en 2018, quand des traces ADN issues de composés organiques trouvées dans la camionnette de Michel Fourniret furent comparées à l'ADN d'une ascendante de Lydie Logé. 

En novembre 2019, Michel Fourniret et son ex-épouse Monique Olivier avaient été placés en garde à vue dans cette affaire. Selon le Parquet de Caen, ces gardes à vue avaient permis d'établir "un possible cheminement de Michel Fourniret dans l'Orne qu'il ne conteste pas". Quelques mois plus tard, en juin 2020, ces investigations étaient dépaysées à Paris en juin 2020 pour être jointes au dossier d'instruction conduit par la juge Sabine Kheris qui visait le tueur en série dans d'autres disparitions. Le 22 décembre, il était mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivis de mort".

Pour ces affaires encore non résolues, le décès de Michel Fourniret signifie l'extinction de l'action publique. "On ne juge pas les morts", explique une magistrate. Les investigations pourraient toutefois se poursuivre en vue d'établir d'éventuelles complicités dans ces disparitions, des complices qui, de leur vivant, pourraient comparaître devant un tribunal.

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