Contre la loi travail : les répercussions du mouvement sur l'économie au Havre

Publié le Mis à jour le
Écrit par DM avec l'Agence Normande d'Information

Au Havre, le mouvement contre la loi travail a perturbé le bon fonctionnement de l’économie une bonne partie de la semaine écoulée. Beaucoup craignent pour les prochains jours.

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Au port du Havre

Au Grand port maritime du Havre (GPMH) touché par des grèves de dockers, de portuaires et de marins, la direction fait état de 70 escales "impactées". La plupart ont été "reportées" ou "avancées" mais une petite dizaine d’entre-elles ont été purement et simplement annulées.  
Trois paquebots de croisière, ont ainsi été déroutés vers d’autres ports alors que cette activité en fort développement est stratégique pour les acteurs de la filière touristique. "Les difficultés actuelles risquent de remettre en cause des résultats qui étaient prometteurs", assure-t-on à l’Office du tourisme qui gère le terminal Croisières.

Sur la zone industrialo-portuaire (ZIP)

Les barrages ont ralenti les flux de marchandises et perturbé la circulation des salariés. A l’usine Aircelle d’Harfleur qui emploie 1.800 personnes, des chaînes d’assemblage d’éléments d’Airbus A380 et A320 ont ainsi été arrêtées durant plusieurs jours, selon la direction, en raison de difficultés dans l’approvisionnement en pièces détachées.
Pour les mêmes raisons, le service après vente auprès des compagnies aériennes a été perturbé. "Globalement ces blocages ont un impact très négatif pour notre image de marque avec nos clients (Airbus, Boeing, Général Electric, Roll Royce, Dassault…) qui pourrait nous faire perdre de futurs nouveaux marchés", assure la direction. Elle dénonce aussi "le stress" dont aurait été victime son personnel obligé de "traverser les barrages avec un risque de sécurité majeur".

Dans la logistique, les salariés de Challenge International – XP Log installé sur le Parc du Hode n’ont pu eux-aussi, "à l’exception de quelques-uns", accéder à leur poste de travail et l’entreprise a fonctionné durant quatre jours au ralenti.  "Nul n’ignore plus aujourd’hui que les chaînes d’approvisionnement des marchandises sont très courtes et qu’aucune industrie, commerce, GMS, sous-traitant, ne peut se passer de livraisons journalières", dit la direction. Elle estime ses pertes à plusieurs dizaines de milliers d’euros par jour.

Le commerce touché

Ce secteur n’est pas épargné : les livraisons sont perturbées et le climat social n’est pas propice aux achats d’autant que les clients ont la hantise de se retrouver en panne sèche s’ils circulent trop. La direction du centre commercial des Docks Vauban chiffre ainsi à 15% la chute du nombre de visiteurs.


Pourtant, deux sites seulement sont touchés par une grève : la Compagnie industrielle et maritime (CIM) qui assure 40% des importations de brut en France et la raffinerie Total de Gonfreville-L’Orcher qui emploie 1.800 salariés. Sa production a d’abord été réduite au débit minimum avant d’être purement et simplement arrêtée. En revanche l’autre grande raffinerie de la région ExxonMobil qui emploie 2.000 personnes à Port-Jérôme, fonctionne toujours et ses expéditions sont assurées sous la protection des gendarmes. L’appel à la grève de la CGT et de FO n’était suivi mardi que par une minorité de postés, selon la direction.