Pourquoi les tempêtes se nomment Ciara, Inès ou Dennis ?

La question turlupine nombre d'entre nous en cette période où se succèdent les gros coups de vents sur l'Ouest de la France. / © Frédéric Cirou MaxPPP
La question turlupine nombre d'entre nous en cette période où se succèdent les gros coups de vents sur l'Ouest de la France. / © Frédéric Cirou MaxPPP

D'où viennent les noms (en l'occurence les prénoms) des tempêtes qui balaient notre région ? Et pourquoi leur donne-t-on des noms ? Voici les réponses aux questions que tout le monde se pose sur les appellations des récents (et futurs) gros coups de vents. 

Par Boris Letondeur (avec Météo-France)

Lothar en 1999, Klaus en 2009, Xynthia en 2010, donner un prénom à une tempête n'est pas une nouveauté. Depuis 1954 jusqu'en 2016, c'est l'Université libre de Berlin qui baptisait les anticyclones et dépressions européennes. Mais pourquoi le faire ? Les prévisionnistes se sont rendus compte que cela permettait de communiquer plus efficacement à l'approche d'un phénomène de vent violent. 

Des sondages menés au Royaume-Uni et en Irlande ont montré que la population est beaucoup plus attentive aux consignes de sécurité quand la menace de vent fort est clairement identifiée comme reliée à une tempête nommée. Ce sont d'ailleurs ces deux pays qui ont mis en place en 2016 un véritable système de nomination. La France (via Météo France) leur a emboité le pas, en compagnie de l'Espagne (AEMET) et du Portugal (IPMA).

Après Ciara et Inès, Karine et Francis ?


A l'image du duo anglo-saxon, ces trois pays fonctionnent ensemble. Chaque année, chacun publie une liste de noms susceptibles d'être donnés aux évènements météorologiques à venir. Ainsi, on savait depuis septembre 2019 que des tempêtes pourraient s'appeler Ciara ou Inès. Tout comme on sait que les prochaines dépressions pourraient se nommer Jorge, Karine, Ellen ou Francis
 
Le tableau des possibles prénoms des tempêtes édicté par Météo-France, l'AEMET espagnol et IPMA portugais. / © Météo-France
Le tableau des possibles prénoms des tempêtes édicté par Météo-France, l'AEMET espagnol et IPMA portugais. / © Météo-France
Le tableau des possibles prénoms des tempêtes édicté par le Royaume-Uni et l'Irlande. / © Met Office
Le tableau des possibles prénoms des tempêtes édicté par le Royaume-Uni et l'Irlande. / © Met Office


Quand donne-t-on un nom à une tempête ?


Une dépression est nommée seulement si elle risque de provoquer une vigilance vent au moins de niveau orange dans un des pays du groupe. Le service météorologique qui prévoit d'émettre le premier l'alerte de couleur orange ou rouge attribue un nom à cette dépression tempétueuse à partir de la liste pré-établie et informe les deux autres. La dépression qui génère la tempête garde le même nom durant tout son cycle de vie. À noter que les tempêtes dues aux vents régionaux comme le Mistral ne rentrent pas dans ce cadre et ne sont donc pas nommées.

Si une tempête affecte d'abord le territoire d'Irlande ou de Grande-Bretagne, c'est le nom choisi par ces services météorologiques qui sera retenu. Si elle démarre en France, en Espagne ou au Portugal, ce sont ces pays qui décideront de l'appellation. Ciara ayant pris source en Irlande, c'est donc le nom choisi par les Irlandais qui a été utilisé. Si elle avait débuté en France, elle se serait appelée Cécilia

Une tempête peut-elle avoir plusieurs noms ? 

Oui, c'est possible, car si le trio France, Espagne, Portugal et le duo Grande-Bretagne-Irlande fonctionne de consort, l'Allemagne et la Norvège ont gardé leur propre système d'appellation. Ainsi, Ciara s'appellait Sabine outre-Rhin et Elsa en Norvège. 
 

Inès avant Dennis ?

Dennis (la tempête du week-end) a été nommé par les britanniques (1er pays touché) avant que la France ne découvre l'arrivée d'Inès. D'où les initiales qui ne suivent pas...

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