Alpha, jeune guinéen, peut rester en France

Parti de Guinée pour fuir la maltraitance de son oncle, Alpha est arrivé en France en février 2018. Il prépare un CAP d'horticulture en alternance. Il était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Le tribunal administratif de Rouen a rendu sa décision jeudi 11 avril 2019.

Alpha travaillant au sein de l'entreprise horticole où il réalise son alternance
Alpha travaillant au sein de l'entreprise horticole où il réalise son alternance

Article mis à jour le 12 avril 2019 :

La décision du tribunal administratif est tombée le 11 avril 2019 : Alpha pourra rester en France. Son obligation de quitter le territoire a été levée.


Quel âge a Alpha ? C'était la question centrale pour ce jeune guinéen.

A son arrivée en France, il a déclaré être né le 3 février 2002. Orphelin de père, il a été recueilli avec sa mère et ses soeurs par son oncle. Rapidement, Alpha se retrouve sous la coupe de cet homme qui, dit-il, a chassé le reste de sa famille et le bat régulièrement

Il décide donc de fuir son pays natal et de rejoindre la France. Il traverse le Maroc, puis la Méditerranée en zodiac.  
Alpha s'occupant du fils d'un ami français
Alpha s'occupant du fils d'un ami français © DR

Une intégration reconnue par tous


Arrivé en France en février 2018, grâce au secours d'associations d'aide aux migrants, il prépare depuis septembre au lycée professionnel Horthitèque de Fauville-en-Caux un CAP horticole en alternance.

A l'issue du premier semestre, il a obtenu les félicitations de son école pour s'être classé premier de sa formation.
 

En rétention administrative à Oissel 


Mais aux yeux de la Préfecture de Seine-Maritime, Alpha n'a pas 17 ans mais ... 34. Car avant de fuir la Guinée, le jeune homme effectue deux demandes de visa avec un passeport demprunt. Elles seront refusées à chaque fois. Mais, sur ce papier d'identité, Alpha est indiqué comme né en 1984.

C'est sur ce passeport et sur cette date de naissance que la Préfecture s'appuie pour contester au jeune migrant son statut de mineur. 

Convoqué une nouvelle fois à la Police aux frontières ce mardi 26 février, il a été placé au Centre de Rétention Administrative de Oissel. Il est sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français.
 

Mobilisation autour du jeune guinéen


Ce vendredi 1er mars, Alpha a été reçu par le juge des libertés et de la détention, qui lui avait signifié sa libération avec assignation à résidence. Le Parquet vient de faire appel de sa décision. Alpha dormira donc cette nuit encore au CRA de Oissel. 

Ce vendredi 1er mars, une conférence de presse était organisée par les soutiens du jeune apprenti.
 
© France 3 Normandie / Bérangère Dunglas

Plusieurs associations tels Réseau Education Sans Frontières, la Ligue des Droits de l'Homme du Havre, l'association des Lits solidaires et l'Association Havraise de Solidarité et d'Echanges avec Tous les Immigrés réclament aujourd'hui qu'Alpha soit libéré et que sa minorité puisse être reconnu. 

Son employeur a même créé une page Facebook pour le soutenir.

 

Myriam Libert et Bérangère Dunglas ont rencontré ceux qui le soutiennent depuis son arrivée en France. (Montage : Carole Lebret)

"Il n'est qu'en apprentissage mais c'est presque un pilier de l'entreprise. Si on quitte un poste et qu'Alpha est dessus, on est sûr qu'il va continuer à tourner" Jérôme Aubry, Horticulteur, employeur d'Alpha
 
Mobilisation autour d'Alpha, jeune guinéen, installé en France depuis un an


Une législation qui complique le sort des mineurs isolés


Un nouveau décret de la loi asile et immigration permet depuis le 31 janvier dernier aux Préfectures d'intervenir dans l'évaluation de la minorité des jeunes migrants. Normalement, c'est l'Aide sociale à l'enfance donc le Département, qui en est chargée. Pour ce faire, elle effectue des entretiens avec les personnes concernées.

Depuis, les associations d'aide aux migrants craignent que les vérifications d'idendité et d'âge basées, d'après eux, souvent sur des éléments peu fiables prennent le pas sur l'échange entre l'ASE et les jeunes.

Voyez l'article de nos consoeurs Solène Cordier et Julia Pascual du Monde à ce sujet 
 
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