“Ce n’est pas un virus hivernal, mais un virus qui dure tout l’été malheureusement” : la nouvelle campagne de vaccination contre le Covid-19 démarre en Normandie

Une nouvelle campagne de vaccination contre le Covid-19 a démarré en France lundi 15 avril 2024. Les personnes vulnérables sont invitées à recevoir une nouvelle injection. En Normandie, la campagne se met doucement en place.

À quelques mois de l’été, les Normands ne se précipitent pas encore pour recevoir une nouvelle injection contre le Covid-19. Dans cette pharmacie du centre-ville de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), le personnel est pourtant prêt pour cette nouvelle campagne de vaccination.

Dans ce frigidaire, nous avons tous les stocks de vaccins contre le Covid. Dans un flacon, nous avons l’équivalent de six à sept vaccins disponibles”, lance Paul Morel, pharmacien au sein de l’officine “La Vatine” à Mont-Saint-Aignan. 

Éviter les contaminations cet été

En prévision des vacances d’été et des Jeux olympiques de Paris, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande aux personnes les plus âgées, au-delà de 80 ans, et aux personnes immunodéprimées quel que soit leur âge, de se faire vacciner.

L’objectif reste de "protéger les plus fragiles susceptibles de développer des formes graves et de présenter des complications sévères", a indiqué en février le ministère de la Santé.

Pourtant, au comptoir de la pharmacie de Mont-Saint-Aignan, les patients ne se bousculent pas. Seulement 4 à 5 personnes viennent se faire vacciner chaque semaine. “Nous sommes pourtant équipés pour une centaine d’injections quotidiennes”, regrette Paul Morel.

Se faire vacciner maintenant, au début du printemps, permet d'être immunisé tout l’été. On sait aussi que pendant les vacances, il y a d’importants mouvements de population, puisque beaucoup rendent visite à leur famille.

Paul Morel, pharmacien à La Vatine (Mont-Saint-Aignan)

La campagne ouverte jusqu’au 16 juin

Les patients pourraient arriver dans les jours, voire les semaines à venir, car la campagne s’étend jusqu’au 16 juin. La HAS avait aussi recommandé de prévoir une extension jusqu’au 15 juillet "si la situation épidémiologique le justifie".
Mais que ce soit dans la rue ou dans les centres commerciaux, les Normands rencontrés n’ont pas vraiment l’intention de relever la manche une nouvelle fois. Pour beaucoup, le Covid-19 relève de l’histoire ancienne.

"J’ai eu de très mauvais souvenirs des dernières doses avec des effets secondaires et je n’ai pas envie de renouveler ce vaccin", confie une jeune femme. "Moi je serai d’accord pour me faire vacciner si on voit que les contaminations reprennent", ajoute une autre.

Un monsieur, plus âgé, tempère. “Moi, on ne me l’a pas proposé pour l’instant, mais si on me le propose, pourquoi pas”. 

"Un bouclier humanitaire"


À l’automne, les cas de contaminations ont été relativement faibles, selon la présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS. "La dernière épidémie a été une épidémie qu’on peut considérer comme modérée en termes d’impact sanitaire. On a affaire à une population fortement immunisée”, explique Anne-Claude Crémieux, sur franceinfo.


100% des adultes auraient déjà des anticorps en France et, parmi elles, on retrouverait des traces d’infection chez 90%. “C’est vraiment un bouclier humanitaire”, rassure la présidente de la commission technique des vaccinations à la HAS.

Protéger les plus faibles

On a toujours affaire à la famille Omicron, qui est une famille de variants et de sous-variants, moins virulents que celle que nous avons connue dans les années 2020 et 2021, mais le virus continue de circuler”, selon Anne-Claude Crémieux.

L’objectif de cette nouvelle campagne de vaccination est donc de protéger les personnes les plus faibles. Avec les Jeux olympiques de Paris, cela va entraîner un brassage de population et cela peut servir d’accélérateur au virus.

Ce n’est pas un virus hivernal, mais un virus qui dure tout l’été malheureusement”, confie le pharmacien de Mont-Saint-Aignan.

Toute personne souhaitant un rappel pourra y prétendre gratuitement, à une condition : respecter un délai de trois mois après sa dernière injection ou infection au Covid.