Le conseil municipal de Caudebec-lès-Elbeuf retoqué en raison d'un nombre de femmes trop élevé

Les adjoints à la mairie de Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime) ont tous dû démissionner en raison d'un nombre de femmes trop important. 
© Franck Levasseur / France Télévisions
Il en avait fait un engagement de campagne. Le maire (ex-PS) de Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), Laurent Bonnaterre, s’est engagé, pendant les élections municipales 2020, à installer des femmes à des postes à responsabilité.

C’est donc tout naturellement que le 23 mai dernier, lors du premier conseil municipal, deux femmes ont été élues premières adjointes. Une liste validée par 32 élus sur 33.
 
A Caudebec-lès-Elbeuf, le nouveau conseil municipal retoqué en raison du nombre de femmes trop élevé. Un reportage France Télévisions de Maxime Fourrier et Franck Levasseur.

Mais cette initiative a été retoquée par le tribunal administratif, en raison de la loi sur la parité relative à l'engagement dans la vie publique. 
 
© Légifrance
Selon l'article L.2122-7-2 de la loi du 27 décembre 2019, "la liste (doit être) composée alternativement d'un candidat de chaque sexe". 

La préfecture nous a fait savoir que ce n’était pas légal. Nous avons reçu un déféré préfectoral au tribunal administratif. Nous avons été obligés de faire démissionner tous les adjoints pour les faire réélire : les mêmes, avec les mêmes délégations mais avec un numéro différent pour faire respecter cette parité numéraire.

Laurent Bonnaterre,  maire (ex-PS) de Caudebec-lès-Elbeuf

Une question sociétale

Pourtant, estime le maire, son intention était justement de promouvoir la parité en installant des femmes à ces postes avantageux. 

"Pour nous, une loi sur la parité ça doit nous servir à promouvoir les femmes et le maire étant un homme on trouvait assez logique d’avoir des femmes premières adjointes."

Un avis partagé par les premières concernées, les femmes élues. Comme Gaëlle Lapert, ex deuxième adjointe au maire, qui a dû céder sa place à un homme. Elle est désormais troisième adjointe à la culture.
 

Dans toute loi, aussi positive soit-elle, il peut y avoir des limites et nous les avons connues ici. Ça pose la question de la place des femmes dans la vie publique. C’est plus qu’une question féminine, c’est une question sociétale.

Gaëlle Lapert, 3e adjointe à la culture


Le maire, attaché à cette question de l'égalité entre les femmes et les hommes, avait fait graver sur le parvis de l'hôtel de ville cet avertissement de Simone de Beauvoir à l'attention des femmes : "Ces droits ne sont jamais acquis vous devez rester vigilantes votre vie durant". Un adage qui donne à méditer.
 
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