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Dieppe : le groupe Saipol et un sous-traitant mis en examen après l'explosion mortelle d'une usine

© France 3 Normandie
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Saipol et un sous-traitant la SNAD ont été mis en examen pour homicide involontaire après l'explosion qui avait fait deux morts à Dieppe le 17 février dernier.

Par AFP

Saipol, filiale du numéro un français des huiles de table Avril, et un sous-traitant la SNAD, ont été mis en examen pour homicide involontaire. Cela fait suite à l'explosion qui avait fait deux morts à Dieppe le 17 février dernier.


 Les deux entreprises ont été mises en examen le 24 juillet pour homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence, a précisé à l'AFP Yves Dupas, procureur de la République. 


Le groupe Avril a estimé qu'"aucune responsabilité ne peut être retenue à ce stade". La SNAD (Société normande d'assainissement et de dépollution) n'a pu être jointe.

Deux salariés de la SNAD, âgés de 25 et 44 ans, étaient morts le 17 février dans l'usine Saipol de Dieppe "dans un contexte accidentel en rapport avec deux détonations et un incendie majeur sur le site", selon le procureur.
 
 

Des outils non réglementaires à l'origine de l'explosion ?


La SNAD intervenait "dans le cadre d'une opération de maintenance d'urgence", pour débloquer un extracteur de graines, "gêné par un amas de détritus", selon M. Dupas. L'usine dieppoise recelait de l'hexane, un solvant qui peut être inflammable à l'état gazeux.

Selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a pris connaissance, une lampe frontale et une spatule utilisées lors de l'intervention ne respectaient pas la norme réglementaire requise dans les zones à atmosphère explosive (ATEX). "Ils pourraient être à l'origine de la source d'inflammation dans l'atmosphère rendue explosive au fil de l'intervention", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. 

Selon ces mêmes éléments d'enquête l'un des deux salariés décédés ne portait pas, au moment de l'explosion, d'explosimètre. 

"Le fils de mon client n'était même pas titulaire des formations nécessaires pour intervenir dans des zones ATEX", a affirmé David Verdier, avocat d'Éric Frontin, le père d'Alexandre Frontin, 25 ans, tué par l'explosion.
 

La CGT "satisfaite"


La CGT de Seine-Maritime est "satisfaite" de ces mises en examen "mais il faut désormais rechercher les responsabilités pénales des dirigeants, notamment ceux du groupe Saipol-Avril", a affirmé Gérald Le Corre, un des responsables départementaux du syndicat.

L'usine Saipol transformait des graines, principalement de colza, pour en faire de l'huile utilisée dans la fabrication de biodiesel, et des tourteaux pour l'alimentation animale. L'installation n'est pas classée Seveso mais seulement soumise à autorisation administrative d'exploitation.

L'usine est toujours à l'arrêt et la plupart des 40 salariés au chômage technique, selon Avril.

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