Leur tour du monde à la voile s'achève à Dieppe après 5 ans de navigation

Partis le 1er août 2016 à bord de leur voilier le Rayon vert, Anne et Jean-Pierre Henry retrouvent leur port d'attache, des souvenirs plein la tête.
Le Rayon vert à l'approche du port de Dieppe
Le Rayon vert à l'approche du port de Dieppe © FTV / Karima Saïdi

C'est le rêve d'une vie pour Anne et Jean-Pierre. Originaires de Criel-sur-mer, le couple de retraités a pris la mer il y a 5 ans, presque jour pour jour. Ce samedi 7 août, à la mi-journée, ils étaient de retour à Dieppe, accueillis par leur famille et leurs amis.

Le Rayon vert à quai à Dieppe (7 août 2021)
Le Rayon vert à quai à Dieppe (7 août 2021) © FTV / Karima Saïdi

"On aimerait ne pas rentrer"


A son arrivée, Jean-Pierre est à la fois heureux et déjà nostalgique. 

"On aimerait ne pas rentrer" nous confie-t-il. "Mais rentrer, c’est retrouver les amis et notre port d’attache. Ce voyage est quelque chose d’inoubliable et de fantastique pour moi. Pendant cinq ans, nous avons vu d’autres cultures, d’autres peuples, d’autres façons de vivre. J'ai des images plein la tête" 

Le 1er août 2016, lors du départ à Dieppe
Le 1er août 2016, lors du départ à Dieppe © Anne et Jean-Pierre Henry
A Fort-de-France en mai 2017
A Fort-de-France en mai 2017 © Anne et Jean-Pierre Henry

" Nous avons fait le tour du monde par les alizés. Ce qui m'a le plus marqué : ce sont les paysages. Je fais de la voile depuis que je suis tout petit. Ma femme, elle, est une terrienne. Cela a donc permis un beau mélange. Car il n'était pas question d'accoster dans un pays sans aller le visiter. Il n'y a que le Brésil que nous n'avons pas pu découvrir, à cause de l'épidémie de Covid"

Partie de football avec des enfants au Vanuatu (septembre 2018)
Partie de football avec des enfants au Vanuatu (septembre 2018) © Anne et Jean-Pierre Henry

2020, une année marquée par la pandémie

Car même au large, le couple de navigateurs a vu son projet perturbé par la pandémie. Pendant près de deux mois, ils ont été confinés sur l'île de Sainte-Hélène. Et avant cela, ils ont été retenus en quarantaine pendant 14 jours, à bord de leur bateau lors de leur arrivée.

Un isolement qu'Anne et Jean-Pierre évoquent sur leur blog :

"On s'occupe comme on peut : réparation, nettoyage, cuisine, baignade, lecture, et beaucoup de lecture !!. [...] Nous avons des nouvelles des enfants par l'Iridium qui sont confinés, eux, en Normandie. Notre fils Louis les a rejoints car il est revenu du Canada pour cause de fermeture de sa résidence universitaire... Tous les soirs, nous faisons un jeu de société, Rummikub, puis nous regardons un film, ce que nous n'avions jamais fait depuis notre départ ou exceptionnellement."

Leur tour du monde à la voile s'achève à Dieppe après 5 ans de navigation

Des amitiés fortes

Malgré cette année 2020 complexe, Jean-Pierre retient surtout les amitiés qu'il a pu nouer avec les habitants des pays visités et avec les autres navigateurs. 

"Ce qui reste en mémoire, c'est la multinationalité. Pendant 5 ans, nous n'avons pas été franco-français. Nous avons vécu avec des australiens, des néo-zélandais, des hollandais, des russes, des ukrainiens, des anglais... Ce qui fait le charme de ce voyage, c'est que lorsque vous partez d'un endroit, vous savez que vous retrouverez d'autres amitiés et d'autres sympathies là où vous vous arrêterez ensuite"

Encore des rêves plein la tête 

Pendant ces cinq années de voyage, Anne et Jean-Pierre Henry sont rentrés à Criel-sur-Mer régulièrement. Mais Jean-Pierre l'avoue, il a encore des rêves d'évasion. 

"Ce tour du monde, c'était plus qu’un rêve. C'était un projet mûrement réfléchi. Nous ne nous sommes pas lancé comme ça dans l’aventure, sans prendre les dispositions nécessaires. Volontairement, nous n'avons pas investi dans un grand bateau. Nous avons plutôt opté pour un bateau léger, rapide et confortable. 

Le RM 10.60 d'Anne et Jean-Pierre Henry au large de Dieppe
Le RM 10.60 d'Anne et Jean-Pierre Henry au large de Dieppe © FTV / Karima Saïdi

J'ai encore d’autres rêves. S'il n'y avait que moi, je ferai un autre de tour du monde. Mais maintenant, je commence à avoir un peu de bouteille" explique-t-il en riant. "Alors il faut se modérer. Peut-être ferons-nous un nouveau tour de l'Atlantique. Et si nous sommes trop vieux, nous irons caboter en mer Méditerranée"

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