Près de Dieppe, 30 ans après la chute du mur de Berlin : un ancien prisonnier témoigne

Pierre Suplice a passé 15 mois dans une prison est-allemande pour avoir aidé des inconnus à franchir le mur de Berlin dans les années 1970. / © J. Bègue / France Télévisions
Pierre Suplice a passé 15 mois dans une prison est-allemande pour avoir aidé des inconnus à franchir le mur de Berlin dans les années 1970. / © J. Bègue / France Télévisions

Alors qu'il habitait en Allemagne de l'Ouest, un habitant d'Offranville (Seine-Maritime) a été fait prisonnier par la Stasi, le service d'espionnage de l'ex-RDA, pour avoir aidé des inconnus à franchir clandestinement le mur de Berlin. Rencontre.

Par Salima Zeggaï

Il a été fait prisonnier en Allemagne de l'Est pendant 15 mois. Pierre Suplice, un habitant d'Offranville (Seine-Maritime) témoigne, trente ans après la chute du mur de Berlin. 

Arrivé en Allemagne de l'Ouest en 1974 pour y travailler, il entend parler des conditions de vie difficiles qui sévissent à l'Est. Il prend alors une décision lourde de conséquences : aider des inconnus à franchir clandestinement le mur de Berlin. 

"Je ne suis pas sûr que je me rendais vraiment compte que je prenais des risques mais bon c'était pour la liberté. "

Près de Dieppe, Pierre Suplice raconte sa vision du mur de Berlin
Pierre Suplice habitant d'Offranville (Seine-Maritime) a aidé des Allemands de l'est à franchir le mur de Berlin. Il a été arrêté lors d'une opération, puis emprisonné. Il nous raconte tout.  - 19/20 Normandie - G. Archiapati / D. Meunier

Il y parvient deux fois mais lors de sa troisième expédition, il est arrêté au poste frontière, par dénonciation estime-t-il.

Il est emmené dans une prison de l'ex-RDA. Il ne se plaint pas de blessures physiques mais relate une violence psychologique quotidienne.

"Au départ on vous laisse tout seul dans une cellule, ça dure trois, quatre, cinq jours [...]. Lorsque vous allez aux toilettes il faut demander au gardien qu'il vous donne un morceau de papier. Et ensuite lorsque vous avez terminé, il faut demander au gardien qu'il veuille bien ouvrir l'eau pour que vous puissiez vous lavez les mains. Puis ensuite c'est lui qui tire la chasse, pas vous." 


Il sera libéré au terme de 15 mois d'enfermement, le 24 octobre 1978, et réhabilité par l'Allemagne de l'Ouest, trente ans plus tard.

" Ca [prouve] que j'étais un prisonnier politique, que je n'étais pas un prisonnier de droit commun. Avoir cette reconnaissance, c'est une satisfaction". 

Près de Dieppe, un ancien prisonnier de l'Allemagne de l'Est témoigne


 

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