Coronavirus : au Havre, comment se sont adaptés les torréfacteurs de café ?

Au Havre, si le petit café du matin se déguste désormais à domicile, de nombreux torréfacteurs, indépendants et industriels, spécialistes de l’or noir ont dû s’adapter en fonction de leur secteur de distribution.
 

les torréfacteurs havrais et le coronavirus
les torréfacteurs havrais et le coronavirus © France 3 Normandie
Son odeur n'a pas disparu du Havre avec le confinement. Bien au contraire ! Le café y est toujours aussi présent. 

Les grands du café adaptent leur production

Chez les grands industriels de l'or noir en premier lieu comme chez Legal, les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé en cette période si particulière.
Pourtant, des nouveautés ont dû être mises en place.

On a décidé d’adapter le conditionnement des sacs traditionnels a des "bigs bags" qui contiennent 1 tonne contre 60 kgs par sac en jute. Donc cette tonne là nécessite moins de manipulations pour nos opérateurs et donc moins de risques.
Benoît Chatenay, directeur café vert chez Legal 


En réalité, la production continue bien sur le site havrais, mais avec 25% d’effectifs en moins. Les postes de travail ont été espacés et la polyvalence est devenue la règle pour la majeure partie des salariés présents sur site. 

On a de la chance dans notre société car les gens avaient déjà été formés à plusieurs postes et donc, on a pu réaffecter des gens notamment de l'étape meunerie au conditionnement et des torrefacteurs sont parfois devenus temporairement meuniers  
Stéphane Jouanguy, responsable production chez Legal.
 


On prend toujours son café oui mais, à domicile !

Cette adaptation a ainsi permis à l’entreprise qui vend 90% son café via la grande distribution, de faire face à une demande exceptionnelle au début du confinement.
Privés de "petit noir" au comptoir ou à la machine à café de leur entreprise, les amateurs de cafés se sont vite rués sur les paquets et les dosettes, vendus en grandes surfaces, pour déguster leur boisson favorite à domicile.
 

Les commandes sont revenues à peu près à la normale, mais on avait connu au début de la période confinée une hausse de 20 à 30%. Restaurants et hôtels sont fermés, donc les consommateurs de café n'ont pas le choix et restent chez eux. 
Benoît Chatenay, directeur café vert chez Legal  

 

Les torréfacteurs indépendants à la peine 

 

Mais pourtant, cette embellie passagère ne s'est pas manifesté chez tous les professionnels du secteur de la même façon.
Les artisans du café, eux, ont été les premières victimes de la crise et l'avenir y semble bien sombre. 
 

© France 3 Normandie



Chez Café Océane par exemple, Thierry Lesueur, le patron de cette petite PME, est inquiet. 
Ce torrefacteur indépendant réalise 80% de ses ventes en entreprise. Mais à ce stade, la plupart de sa clientèle est fermée et son activité s’écroule.
 

Tout ce qui a été livré début mars est dans l’entreprise sans être consommé, et les stocks présents ne seront consommés qu’au mois de juin. Donc, nous aurons un passage difficile de deux, trois mois.


Conséquence, pour maintenir un minimum de chiffre d’affaire, Thierry Lesueur, garde sa petite boutique ouverte où viennent seulement les habitués sur rendez vous et l’entrepreneur a également développé la vente en ligne avec une livraison à domicile gratuite.
Pourtant, même si les commandent se multiplient, son activité n’est pas encore tirée d’affaire et l'inquiétude pour l'avenir est bien présente.  

En réalité, avec la baisse nationale de la consommation et le risque d’une pénurie d’approvisionnement par les pays producteurs à long terme, le marché du café dans sa globalité reste très incertain.

 

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