Suppression de postes chez Exxon Mobil : les élus se mobilisent

Les élus du territoire de Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime) se mobilisent. Après l'annonce de la fermeture du site normand d'Exxon Mobil, avec la suppression de 647 emplois, un rassemblement s'est tenu à Lillebonne vendredi 19 avril 2024.

La mairie de Lillebonne était noire de monde ce vendredi 19 avril 2024 au matin. Et pour cause, le choc et la stupeur règnent toujours une semaine après l'annonce de la fermeture et la suppression de plus de 600 emplois sur la plateforme pétrochimique Exxon Mobil de Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime). 

Soutenir les salariés

Cette réunion, lancée à l'initiative des élus du territoire de Caux Seine-Agglo, est un témoignage de solidarité à tous les salariés de l'entreprise. Maires, conseillers départementaux ou régionaux, députés et sénateurs... cinquante communes étaient représentées pour dénoncer la décision du groupe américain. 

Exxon a été très rapide dans sa décision. Ils ont décidé en 90 secondes qu'ils mettraient à peine 90 jours pour fermer 90 ans d'histoire de la chimie sur le site.

Virginie Carolo-Lutrot, maire (DVD) de Port-Jérôme sur Seine, présidente de Caux Seine-Agglo

"Nous ferons pression sur le gouvernement"

"C'est aussi des ressources en moins pour les collectivités locales. C'est tout un territoire qui par ailleurs travaillait à une transition décarbonée, qui se retrouve précipitée dans des urgences qu'on ne pensait pas connaître, au regarde des résultats", explique Gérard Leseul, député (PS) de la 5ème circonscription de la Seine-Maritime.

"Nous sommes sous le choc de la colère, face à une annonce aussi brutale et nous ferons tout ce qui est possible au niveau des élus politiques, en lien avec l'intersyndical, pour faire revenir Exxon sur cette décision. Nous ferons pression sur le gouvernement pour qu'il exige d'Exxon du temps", poursuit le député.

5 000 emplois impactés

Tout le monde partage la crainte de voir le bassin de l'emploi de Port-Jérôme-sur-Seine s'effondrer. En plus des 647 postes supprimés chez Exxon Mobil, ce sont 5 000 emplois indirects qui risquent d'être impactés dans la région, à commencer par les nombreux sous-traitants.

C'est le cas du bureau d'études "Projenor", basé à La Frenaye, près de Port-Jérôme-sur-Seine, qui travaille depuis quarante-cinq ans avec la société ExxonMobil. Pour son directeur, c'est la douche froide.