Hospitalisation à domicile (HAD) : quelle offre en Normandie ?

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Écrit par Béatrice Rabelle et Mathilde Riou

De plus en plus de malades (principalement âgés) bénéficient de soins d’hospitalisation à domicile. Une formule rassurante pour les patients et économique pour la collectivité.

Plusieurs études ont prouvé que les patients récupèrent mieux d’une maladie ou d’une intervention à leur domicile. Pour beaucoup, c’est rassurant, plus reposant et moins stressant de bénéficier de soins hospitaliers chez eux.

En Normandie, l’offre est portée par 23 structures dont 21 sont polyvalentes (l’une d’elle, qui intervient dans le sud du département de l’Orne, dépendant de l’ARS des Pays de la Loire) et 2 sont spécialisées (une en néonatologie et une en psychiatrie).   

Le site de l’agence régionale de santé indique qu’en 2016, l’activité d’hospitalisation à domicile a concerné 561 patients par jour, ce chiffre a dû évoluer depuis, notamment avec la crise du Covid.    

Qui peut bénéficier de ce dispositif ?   

L’hospitalisation à domicile (HAD) ne s’adresse pas qu’aux personnes âgées. Le but étant d’éviter ou de raccourcir un séjour à l’hôpital. Le patient recevra les mêmes soins médicaux et paramédicaux que dans un établissement de santé, mais à la maison. Ce dispositif s’adresse à toute personne souffrant d’une pathologie aigue ou lourde,  nécessitant des soins réguliers. Il est certain que l’hospitalisation à domicile est particulièrement adaptée aux personnes âgées  qui conservent ainsi leurs repères chez eux. Charles Demarest est un de ces patients à domicile. Tous les jours une équipe lui prodigue des soins chez lui à Saint-Ouen-du-Tilleur (Eure) : « on est chez soi, on sent les progrès. Je sens la vie qui reprend en moi. Ca nous dynamise. Des services comme ça il faut que ça continue ! »

De nombreuses personnes en fin de vie préfèrent aussi terminer leurs jours à la maison entourées de leurs proches.  

Quels sont les types de soins réalisés ?

Le patient peut recevoir :

- des soins ponctuels de courte durée, par exemple en cas de maladie qui nécessite des soins complexes comme une chimiothérapie, ou encore une grossesse à risque.

- des soins dits de réhabilitation au domicile (par exemple après un accident cardiaque ou de la rééducation après une intervention chirurgicale)

- Des soins palliatifs ou d’accompagnement en fin de vie qui nécessitent une prise en charge de la douleur

Comment en bénéficier ?

L’hospitalisation à domicile intervient uniquement sur  prescription médicale et avec l'accord du  médecin traitant.

Combien ça coûte ?

Pour le patient, cela ne change rien : l’assurance maladie prend en charge cette hospitalisation à domicile comme une hospitalisation classique. Mais au niveau de la collectivité, cela coûte beaucoup moins cher. A domicile, la prise en charge d’un patient coûte environ 200 euros par jour, elle coûterait jusqu’à 3 à 4 fois plus cher dans un établissement de soins. 

 

 

Peut-on refuser une hospitalisation à domicile ?

Ce type d’hospitalisation ne se fait qu’avec l’accord du patient.  Certaines personnes sont plus rassurées d’être prises en charge à l’hôpital ou en clinique ou jugent ce type de soins à la maison intrusif. Ce sera donc votre choix à condition que votre domicile s’y prête : il faut par exemple qu’il y ait la place pour un fauteuil roulant ou un lit médicalisé, si cela s’avère nécessaire.

Le rôle essentiel de l’équipe coordinatrice des soins 

 

Une équipe pluridisciplinaire, gérée par un médecin coordinateur assure le suivi complet des patients. Dans cette équipe, on trouve des infirmières, des aides-soignantes, des kinés, ou encore des psychologues. Cependant plusieurs sites sont touchés par la pénurie de médecins coordinateurs. C’est le cas au CHI Elbeuf Louviers (Seine-Maritime) où le cadre qui gérait l’HAD et désormais en retraite n’est pour l’instant remplacé qu’à court terme.

L’établissement recherche désespérément un successeur et il n’est pas le seul dans cette problématique : « il y a une conjoncture, nous ne sommes pas les seuls dans cette difficulté. Il y a peut-être une méconnaissance du rôle du médecin coordinateur de l’HAD. Actuellement on a un médecin retraité qui assure l’intérim à 50% jusqu’au 31 décembre. Le risque c’est que si on n’a pas de médecin après on ferme l’HAD» nous précise Nadège Rochais-Dugard, cadre supérieure du Pôle gériatrie-soins de suite-réadaptation CHI Elbeuf Louviers.  

 

Une menace concrète qui pèse sur les équipes sur le terrain. Ingrid Polet Infirmière de cette unité Hospitalisation à domicile réaffirme le rôle indispensable de ce docteur : « si aujourd’hui on n'a pas de médecin coordinateur on se retrouve au pied du mur, sans pouvoir de décision puisqu’on ne peut pas décider d’une modification de traitement ou de prise en charge ».    

Vous pouvez consulter le site de la fédération nationale des établissements hospitaliers à domicile pour plus de renseignements.