Les cheffes d'entreprises normandes sur la bonne voie

En Normandie, trois entreprises sur dix seulement sont créées par des femmes mais elles sont souvent nées pour durer car trois ans après leur création, sept entreprises normandes sur dix créées par des femmes sont encore en activité, soit un résultat juste un peu en deçà de celui des hommes (75 %).

Femmes et Challenge au Havre : l'audace d'entreprendre par la CCI
Femmes et Challenge au Havre : l'audace d'entreprendre par la CCI © France 3 Normandie

Les chiffres sont fragiles mais néanmoins encourageants. En Normandie, sur les 9300 entreprises créees en 2014, 6800 ont été lancées par des femmes et, au bout de trois ans d'activités, 70% d'entre elles sont toujours pérennes, soit un résultat un peu inférieur à celui des hommes qui affichent un taux de 75% de pérénnité. 

Du coup, certes seules trois entreprises sur dix sont actuellement dirigées par une femme, mais cela représente malgré tout une hausse de 20%.

En réalité, tout dépend du secteur d'activité, du statut, et surtout de la motivation des créatrices d'entreprises. D'après une étude récente de l' INSEE, leur pérénnité est liée aux raisons qui ont poussé à la création et aussi au sexe des dirigeants.

La motivation comme clé de réussite 

Ainsi, en Normandie, 86% des entreprises créées trois ans plus tôt par des femmes motivées par un exemple réussi d'entrepreneurs dans leur entourage, sont de fait toujours en activité, contre à peine 76% pour les hommes en situation similaire. C'est également dix points de mieux qu'au niveau national. 

Côté motivation, on observe ainsi que la perspective d'augmenter sensiblement ses revenus et le simple goût d'entreprendre sont des caractéristiques favorables pour la survie des entreprises fondées par des normandes.  

A l'inverse, des créations par contrainte, suite à une simple opportunité ou à une reprise, n'aboutissent souvent pas à un niveau de pérennité élevé. Tout est donc bien une question de motivation.  

Autre explication : les difficultés rencontrées lors de la création.

A titre d'exemple, les entreprises créées par des femmes qui se sont senties particulièrement seules comme entrepreneurs sont apparemment moins solides que celles des hommes : seules 57% d'entre elles ont survécu contre 73% pour celles des hommes en situations similaires.

 

Taux de pérennité des entreprises à trois ans en Normandie selon les motivations et le sexe du créateur
Taux de pérennité des entreprises à trois ans en Normandie selon les motivations et le sexe du créateur © INSEE

 

Le "plafond de verre " toujours aussi difficile à franchir 

Résultat, la traduction des chiffres dans le monde réel de l'entreprenariat au féminin révèle la difficulté toujours présente des femmes à crever le fameux "plafond de verre". 

Alors quels sont leurs freins, l'origine de leurs hésitations, ou leurs obstacles au financement ? 

Pour Léa Lassarat, la présidente de la CCI du Havre Seine Estuaire,

"les femmes n'osent pas encore assez ! Encore trop souvent victimes de stéréotypes, elles rencontrent encore des résistances à l'emprunt et ne se rendent pas suffisamment visibles alors qu'elles ont pourtant toutes les compétences et les outils pour le faire."  

 

VIDEO : interview de Léa Lassarat, présidente de la CCI Seine Estuaire ©France 3 Normandie

 

Femmes et Challenge, l'audace d'entreprendre grâce aux réseaux féminins 

Mais dans notre région, il existe aujourd'hui de nombreux outils, une panoplie d'aides au service des créatrices d'entreprises. 

Au Havre, la CCI Seine Estuaire a ainsi lancé la plateforme Femmes et Challenges. Il s'agit avant tout d'un réseau fédérateur normand des initiatives sur l'entrepreneuriat au féminin. Il regroupe 894 membres, toutes adeptes du business au féminin. 

Au programme : des rencontres (essentiellement virtuelles depuis la crise sanitaire), des outils, des expertises, des accès privilégiés aux plateformes de gestion, des conseils de professionnels, bref? de quoi optimiser son activité et booster son développement, notamment en utilisant la nouvelle force de frappe des réseaux sociaux. 

 

 

Mais toujours d'après l'INSEE et son étude récente sur les entreprises normandes, là où les femmes sont le moins enclin à créer leur structure ou à développer leur activité concerne bien la tranche d'âge des 30-39 ans. Et ce n'est pas un hasard. Il s'agit en fait de la période où, à diplôme égal, les femmes sont aussi des jeunes mamans, soucieuses du bien être de leur petite famille, avec une charge mentale encore aujourd'hui fréquemment supérieure à celle assumée par leurs conjoints respectifs. 

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