Incendie du “Cuba Libre“ : ”une accumulation d'irrégularités” selon un expert des Parties Civiles

© F. Dugit/ MaxPPP
© F. Dugit/ MaxPPP

L'agence France Presse a consulté le rapport d'experts commandé par un des avocats représentant les victimes. Il souligne que la discothèque aménagée en sous-sol et son escalier ne répondaient pas aux normes de sécurité

Par Agence France Presse et S.C


Le bar "Au Cuba Libre" de Rouen, où un incendie a fait 14 morts dans la nuit du 5 au 6 août , accumulait les irrégularités en matière de sécurité anti-incendie, selon un rapport d'expert commandé par un avocat de parties civiles et consulté
lundi par l'AFP.

Ce rapport que Me Gérard Chemla, avocat de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvec), compte verser à l'instruction, "démontre qu'on est en face d'un endroit totalement bricolé, qui accumule toutes
les irrégularités imaginables en matière de sécurité incendie"
, a-t-il déclaré à l'AFP.

Selon le rapport réalisé par un expert sur la base d'articles de presse, l'établissement doit être considéré comme étant de catégorie 4, et non de catégorie 5, car il n'était pas seulement un débit de boissons mais faisait également office de discothèque dans son sous-sol.

Or les normes pour les salles de danse sont plus contraignantes: elles ne peuvent être ouvertes sans avis préalable d'une commission de sécurité et sans une autorisation municipale.
 

Escalier dangereux, plafond trop bas, isolant pour le bruit inflammable


Cette activité de discothèque s'est donc exercée sans autorisation et dans un local inadapté à l'accueil du public : escalier dangereux, plafond trop bas, isolant phonique hautement inflammable, absence d'un dispositif de désenfumage et issue de secours fermée, au moins ce soir-là, détaille le rapport.

L'expert insiste sur la non-conformité de l'escalier qui serait "susceptible d'être la première cause principale" de l'incendie. En effet, note-t-il, quand on emprunte un escalier difficile avec un gâteau d'anniversaire dans les mains, "le regard se dirige naturellement et instinctivement vers les marches pour ne pas chuter et ne peut à l'évidence observer simultanément la position du gâteau et des fontaines lumineuses vis-à-vis du plafond".

Or ce sont les bougies type "feux de bengale" plantées sur le gâteau qui, en entrant en contact avec le plafond revêtu de polyuréthane, ont déclenché l'incendie et le dégagement de fumées toxiques.

Me Chemla se demande pourquoi ce bar, très populaire, qui avait une page Facebook, n'a pas été surveillé de plus près par les autorités.

Bien qu'il n'eût pas à être contrôlé systématiquement en raison de sa 5e catégorie -l'activité discothèque n'était pas déclarée - il est "clair que c'est un établissement qui a attiré néanmoins l'attention des uns et des autres", estime l'avocat.

L'établissement avait reçu deux avertissements de la préfecture en 2007 et 2008 pour tapage nocturne.

   

 

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